Marcelle est venue me chercher à la gare d'autobus de ste-foy. On a soupé Camille, Marcelle et moi des poitrines de poulet au fromage et aux poires. C'était très bon, et plus, c'était la fête à Marcelle. On est ensuite allé faire un tour chez André, J'ai passé le reste de la soirée avec Pierre, qui est allé me porter à l'aéroport de Québec. En fait, ce n'est pas vraiment à l'aéroport comme tel, mais plutôt dans un petit bâtiment de la compagnie Les ailes Québécoises, un transporteur privé. J'étais le premier arrivé puisque je ne voulais pas que Pierre se couche à 2h du matin pour ça. Les gens sont arrivés tranquillement, autant des membres de l'équipage que de l'équipe scientifique. Plusieurs se connaissaient déjà et c'était donc un moment de retrouvailles pour plusieurs d'entre eux. J'ai jasé avec Ghislaine, l'infirmière de bord. Elle m'a expliqué que le travail d'infirmière d'hopital ne lui convenait pas, et qu'elle préférait de loin se retouver six semaines sur le bateau. Le reste de l'année, elle travaille comme infirmière dans les communautés du nord du Québec.
Nous sommes partis avec un peu de retard vers 3h. La moitié avant de l'avion est occupée par le cargo. Il y a donc un mur amovible qui est placé entre les passagers et le cargo. Une petite porte donne accès aux hotesses de l'air à la partie avant de l'avion. On a fait escale à Churchill, une ville avec un camp militaire où il y a tellement d'ours qu'apparemment, les gens ne se déplacent jamais à pied car les ours rodent en ville... Après une demi-heure environ, le temps de faire le plein, l'avion a redécollé pour Inuvit, où nous sommes arrivé vers 10h heure locale. Les membres de l'équipage sont partis presque tout de suite vers Paulatuk, alors que le reste de l'équipe scientifique devait patienter pour le deuxième et troisième vol. Étant du 3e vol, je suis allé avec les autres au centre-ville d'Inuvik pour déjeuner à l'hotel Mackenzie. On a ensuite fait un tour de la ville, puis on s'est arrêté à la bibliothèque municipal pour se réchauffer et lire un peu. J'ai lu un article sur les jeux arctiques qui a excité ma curiosité, et je suis allé me chercher un livre sur le sujet. J'ai trouvé un guide sur les différentes disciplines des jeux arctiques, et je dois dire que c'est quelque chose. Je vous suggère de faire un tour sur youtube pour voir de quoi ça a l'air (je ne l'ai pas fait comme la connection internet ici est plutôt pépère, mais faites une recherche avec arctic games). Entres autres, il y a une compétition où les adversaires se tiennent bras-dessous bras dessus, se mettent un doigt dans la bouche de l'autre et tirent jusqu'à ce qu'un des deux tourne la tête... Il y a d'autres jeux moins barbares, mais en général, ça reste assez impressionant.
Nous sommes donc retournés à l'aéroport, et avons attendu l'avion jusqu'à 16h. Il y avait du retard en raison de la pluie et du brouillard, à ce qu'on a dit. On a donc tué le temps en placotant et en mangeant les brownies que Marcelle m'avait donné. C'est une bonne manière de se faires des amis ! L'avion a mis un peu plus d'une heure pour rejoindre Paulatuk. L'aéroport est de la taille d'un chalet de ski, et rapidement les gars de l'équipage ont fait la chaine pour débarquer le cargo de l'avion. Un hélicoptère a ensuite fait la navette entre Paulatuk et le bateau, ammaré dans la baie. Je dois dire que le tour en hélictoptère était très bien. C'est très smooth et puissant en même temps. Le voyage en hélico a duré environ 5 minutes. Rendu sur le bateau, Bruno, mon co-cabineur, m'a fait faire le tour du bateau. Bruno a déjà passé quatre semaines sur le bateau cet été et il connait bien les lieux. C'est un peu irréel d'entrer dans un bateau et de réaliser qu'on va passer les six prochaines semaines dessus. Heureusement, il n'y a pas encore eu trop de vague et je ne souffre pas du mal de mer, pour l'instant. Les bagages ont mis un peu de temps à arriver et comme ils ont passé du temps sur la neige et sur le pont, la moitié de mon linge était mouillé. J'ai donc fait un séchage après souper avant d'accrocher mon linge dans mon armoire.
La cafétéria ressemble à n'importe quelle cafétéria, excepté qu'il n'y rien qui puisse vraiment glisser par terre; les fruits sont dans un bac fixé à une table, les ustensiles dans des trous dans le comptoir principal. J'ai mangé du caribou bourguignon avec des légumes et du riz. C'était très bon. Il y a eu vers 9h une réunion avec le chef de mission et le commandant pour décrire le plan de la journée suivante et énoncer les règles en vigueur dans le bateau. Je suis ensuite allé me coucher, bercé par les vagues et le bruit du pinger, un ultrason qui sert à imager le fond de l'océan. Il y un ping à toutes les 1.5 secondes environ, mais on fini vite par ne plus s'en rendre compte. J'ai bien dormi et me suis réveillé d'aplomb vers sept heures pour commencer ma première journée de travail.




















