samedi 31 octobre 2009

Jour 23-Baie de Baffin-Durée du jour 4h58

Devinez qui a appellé hier pour nous dire qu'il était encore vivant et qu'internet ne fonctionnait pas parce que le bateau est trop au nord. Allez, devinez !

La communication devrait être rétablie d'ici 2 jours.

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Conversation avec un scientifique:

Germaine inc.: Dis-moi David, il est qu'elle heure sur le bateau ?

David : Il est deux heures de moins qu'à Québec. Le 1er novembre, on reviendra à la même heure que vous.

Germaine inc.: Ah ok.

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Je vole une photo de la cafétéria de l'Amundsen au Toronto Star pour vous faire patienter. Je suis certaine qu'ils ne m'en voudront pas.


J'aime bien le look des années '80. L'homme avec le chandail brun est Peter Calamai, journaliste du Toronto Star qui a tenu un blog alors qu'il était sur l'Amundsen en mars 2008.

vendredi 30 octobre 2009

Jour 22-Baie de Baffin-Durée du jour 4h07

Quand on navigue sur internet et qu'on tombe sur des sites faisant la promotion d'un protecteur de banane, d'un manche à papier de toilette ou d'un lanceur électrique d'avions en papier. On se dit: "Y savent pu quoi inventer."

Ben moi, je suis vraiment contente de savoir qu'un gars quelquepart savait tellement plus quoi inventer qu'il a parti un site de suivi des bateaux en mer. Comme ça, maintenant, je sais exactement où est rendu l'Amundsen et mon chum qui est dessus.

Position de l'Amundsen
(à droite de l'image c'est le Groenland, le vrai Groenland !)
Source: sailwx.info

Le site donne la position du bateau d'heure en heure ainsi que des données météorologiques. C'est presque trop d'information !

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Converstations avec un scientifique:

Germaine inc.: Dis-moi, David, ça parle quelle langue sur le bateau ?

David: On parle a moitié francais, moitié anglais. Dans l'équipe
scientifique, il y a un peu plus de francophones que d'anglo. Dans
l'équipage, tout le monde parle francais, meme si certains sont
d'ailleurs: un grec, un cubain.

Germaine inc.: Ah, ok.

jeudi 29 octobre 2009

Jour 21-Baie de Baffin-Durée du jour 2h59

The sailor's wife par Riedel


Quand je suis tannée de m'écrire des lettre d'amour à moi-même, je pense aux femmes de marin. Les vraies là. Celles de l'ancien temps. Celles qui voyaient partir leur mari dans un bateau de la marine marchande ou à la guerre, en se demandant s'il allait revenir un jour. Celles qui enfantait et élevaient leur progéniture seules sans jamais avoir de nouvelles de leur homme.
Ce n'était certainement pas le calvaire tous les jours, elles avaient l'habitude. Mais quand même, ça leur faisait une drôle de vie.

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Pas de nouvelles de David. Cependant, j'ai trouvé, sur le site de la Garde Cotière Canadienne, un rapport d'activité des navires qui semble mis à jour régulièrement. Dans ce rapport, on apprend que l'Amundsen est actuellement dans la Mer de Baffin, les coordonées géographiques exactes sont fournies. La carte à droite du blog ainsi que la durée du jour sont donc "à jour."

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Pour vous faire patienter avant d'avoir de vraies nouvelles, je vous offre une nouvelle chronique intitulée "Conversations avec un scientifique". J'utiliserai donc des anecdotes et des réponses que David m'avait envoyé, mais que je n'avais pas publiées. Les plus perspicaces d'entre vous se seront rendu compte que ma nouvelle chronique sera un rammassis de vieille information remâchée. Si la grève internet dure trop longtemps, j'inventerai des conversations. J'suis ben capable !

(merci à ma mamie qui a posé la question par mon intermédiaire)

Germaine inc.: Mais David, dis-moi, le ciel doit-être magnifique dans le nord sans toute la pollution lumineuse.

David : C'est très nuageux l'arctique, donc rien de vraiment impressionnant. J'ai vu Orion, les Pléiades et la Voie Lactée, mais rien de transcendant.

Germaine inc.: Ah, ok.

mercredi 28 octobre 2009

Jour 20-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h04

Certains lecteurs ont fait savoir, par le biais des commentaires, leurs doutes quant à l'authenticité des messages que David envoie chaque jour. Ils vont jusqu'à avancer que je pourrais avoir modifié ces messages pour qu'ils soient plus consistants. Septiques, septiques, vous serez confondus !

Afin de mettre fin à cette paranoïa de la conspiration, voici de quoi auraient l'air les lettres de David, si c'est vraiment moi qui les écrivaient:

Chère Germaine,
(Toutes les lettres me seraient adressées, d'ailleurs j'aurais certainement changé le nom du blog pour "Chère Germaine inc.", ça aurait été tellement romantique.)

Déjà, le 21e jour de mission tire à sa fin. Je suis surpris de constater comment le temps peut sembler si long et si court à la fois. Trois longues semaines depuis que je t'ai quitté, mais seulement trois semaines avant de te revoir enfin.

Nous voguons à présent dans le Détroit de Lancaster. Quel endroit magnifique ! Les falaises qui bordent le détroit sont majestueuses, baignées dans la lumière d'un crépuscule qui semble ne jamais vouloir finir. J'aime passer quelques instants sur le pont à m'imprégner de cette nature aride mais aussi tellement généreuse. Ces moments de repos sont précieux et j'aimerais beaucoup pouvoir les partager avec toi.

Le travail a commencé de bonne heure ce matin alors que nous avions une rosette à faire à 7h00. Le levé a été moins difficile que prévu puisqu'on nous a annoncé au radio qu'un petit troupeau de bélugas accompagnait le bateau depuis quelques minutes. Tu diras aux filles que j'ai vu un bébé béluga avec sa maman, il nageait très proche de nous, en passant parfois sous les glaces qui parsemaient son parcours.

Plus tard dans la journée, je suis allé aider un collègue à installer ses bouées sur la glace. Alors que nous terminions notre travail, un ours polaire s'est approché de nous. J'étais à la fois fasciné et effrayé de voir cette immense bête d'aussi près. L'ours avançait rapidement et s'est attaqué à mon collègue. Par chance, j'avais mon couteau avec moi et j'ai pu tuer l'ours avant qu'il ne le blesse. J'aurais voulu t'offrir la peau de l'ours, mais malheureusement la carcasse ne rentrait pas dans l'hélicoptère. J'ai cependant réussi à extraire une dent que je garde précieusement pour toi.

Après une bonne journée de travail, le souper était plus que bienvenu. J'ai mangé deux assiettes de lasagne et de la tarte aux pommes. C'était bon, mais ce n'était qu'une pâle imitation des repas que tu me prépares avec tant d'amour.

J'espère que tu te portes bien, embrasse les enfants de ma part. J'ai bien hâte de pouvoir le faire en personne. Je pense à toi à chaque minute qui passe.

Tendrement,

David

J'en ai peut-être un peu trop mis, surtout l'histoire de compter les jours, ppfffffff, c'est vraiment exagéré.

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Pas de nouvelles de David depuis dimanche soir. Je suspecte très sérieusement un problème de connection internet sur le bateau. Surtout que mes autres sources d'information provenant de l'Amundsen sont également taries. Je vous tiendrai informés, promis juré !

mardi 27 octobre 2009

Jour 19-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h20

Le Gjoa

Puisque David est plutôt avare de sa prose depuis quelques jours, je vais vous (me) désennuyer en vous expliquant pourquoi (d'après moi) Roald Amundsen mérite amplement d'avoir donné son nom à un brise-glace (et à une mer, et à un golfe, et à un glacier, et à .....)

Roald Amundsen est un explorateur norvégien né en 1872. Il est surtout connu pour avoir été le chef de la première expédition ayant atteint le pôle Sud. Son compétiteur est arrivé un mois plus tard et est mort, ainsi que ses quatres coéquipiers, sur le chemin du retour.

De plus, et c'est ce qui nous intéresse, Roald Amundsen a été le premier explorateur à traverser, en bateau, le passage du Nord-Ouest qui relie l'océan Pacifique et l'océan Atlantique en empruntant l'archipel Arctique canadien.

Il a parcouru le passage du Nord-Ouest de 1903 à 1905 (durant 903 jours !) sur le Gjoa, un voilier de 47 tonnes, accompagné d'un équipage de 6 personnes !

Ayant traversé le passage du Nord-Ouest d'est en ouest, Roald Amundsen a terminé son voyage près de la côte du Yukon à la fin de l'été 1905. Il a ensuite parcouru 800 km en ski pour se rendre au poste télégraphique le plus proche et annoncer le succès de son expédition. Il retrouva le Gjoa et son équipage en mars 1906 et atteingnit l'Alaska au mois d'août 1906. J'espère que sa femme n'était pas trop pressée de le revoir !

À titre comparatif, l'Amundsen est un navire de 6000 tonnes qui parcourra le passage du Nord-ouest en 43 jours (si tout va bien) avec 83 personnes à bord.

Je vous laisse le lien de la page wikipedia de Roald Amundsen qui a inspiré ce billet et qui vous donnera une foule de détails sur les exploits de Roald.

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Je sais que, comme moi, vous comptez les jours avant le retour de David, il me fait donc plaisir de vous annoncer que demain nous aurons franchi le cap des 21 jours, c'est à dire exactement la moitié de la mission ! Yé !

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Pour rire un peu, je vous laisse la description que David a fait de sa journée de dimanche.

Rosette qui fuck, standy toute la journée avec le radio dans la poche. lentilles et patates, filet mignon de boeuf avec escargots gratin gateau au fromage, vin hareng fumé, 3 rosettes en soirée. encore d'autres icebergs

Y'a pas à dire, on a su l'essentiel !

lundi 26 octobre 2009

Jour 18-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h35

Vendredi le 23 octobre 2009

À mon réveil, l'Amundsen et le Louis sont côte à côte et les membres d'équipage ammarent les deux bateaux ensemble pour procéder au "refuelage" de l'Amundsen. On se trouve dans Radstock Bay, au sud de l'île de Devon. La vue sur les parois abruptes de la baie est magnifique et pour beaucoup, la vue fait penser à un Far West américain après un refroidissement climatique ! Les "photographes" sont sur le pont, attendant le lever du soleil pour profiter d'une lumière se faisant de plus en plus rare. Pour me faire saliver un peu, Jean-Jacques me prête un objectif énorme que j'installe sur ma caméra. Ça n'a rien à voir avec celui que j'ai ! Mais bon, le prix non plus n'a rien à voir... c'est quand même intéressant d'essayer du matériel de pro.

Une passerelle est installée entre l'Amundsen et le Louis et on nous offre une visite guidée du navire. C'est un cadet officier, Ryan, qui nous fait visiter le bateau. Contruit en 1969, le Louis est plus vieux et plus gros que l'Amundsen. À sa construction, c'était un bateau à vapeur, mais il est maintenant propulsé par des moteurs diesels. L'intérieur du navire fait très industriel; alors que les murs de l'Amundsen sont en imitation de bois, ceux du Louis sont en métal peint en blanc. Par contre, tous les espaces sont plus grand: le salon compte un piano, il y a quatre salles à manger, des labos scientifiques, la salle de gym est énorme et l'atelier du charpentier n'a rien à envier à ceux que l'on trouve à terre. La seule chose qui est plus petite, c'est le frigo à dessert ! Apparemment, il ne reste plus d'alcool sur le Louis et Ryan espère que l'Amundsen pourra les ravitailler; diesel contre bière, ça me semble un échange honnête.

On revient sur l'Amundsen pour diner. Au menu, bouillabaisse. Dans l'après-midi, Steve, un technicien de Laval, demande à quelques gars un coup de main pour transporter du matériel du moon pool (une salle à l'avant du bateau avec un accès à l'eau) vers un conteneur. Le matériel en question consiste de grosses boîtes de rangement en plastique et d'une dizaine de déclencheurs pour les bouées. Il faut les monter d'un étage et ensuite les hisser vers un conteneur lui-même posé sur un autre conteneur. Comme les déclencheurs doivent peser chacun 70 livres, c'est du sport.

Dans l'après-midi, je fais un tour à la timonerie au moment ou on sort de la baie de Radstock. On croise un gros ours polaire qui semble chasser dans un trou d'eau. Au menu du souper, poutine, guedille aux oeufs, sloppy joe et hot-dogs. On fait deux rosettes en soirée, entre lesquelles Phil, le maître d'équipage, vient déglacer le drain du rosette shack. Je me dis qu'il faut vraiment qu'un drain soit bouché pour qu'on prenne le temps de mesurer l'utilité d'un bon drain qui fonctionne bien. Dans la vie de tous les jours, on tend à oublier ces petites choses là !

Sur les photos, l'embouchure de Radstock Bay, l'atelier du charpentier du Louis, les deux bateaux amarrés ensemble, la passerelle entre les deux bateaux.





dimanche 25 octobre 2009

Jour 17-Viscount Melville Sound-Durée du jour 5h50

Jeudi le 22 octobre 2009

Comme il n'y a rien au programme en matinée, j'en profite pour travailler un peu. On a une rosette vers midi. Comme le fond n'est pas très profond, 225 m, on peut faire la rosette en environ une demi-heure. Lorsque les rosettes ont lieu en eau plus profonde, eg. 550 m, ça peut prendre jusqu'à une heure dépendant du nombre de fois ou l'on doit s'arrêter pour échantilloner de l'eau pendant la remontée. Lors des legs précédents en mer de Beaufort, la rosette est descendue jusqu'à plus de 1000 m ! Dans ces cas, la profondeur est limitée par ce que les instruments peuvent supporter comme pression.

Pendant que je complète mes fiches de rosette, Ryan me demande si j'ai le temps de lui donner un coup de main pour déployer une autre de ses bouées. Hum, attendez un peu... Est-ce que j'ai le goût d'aller faire un tour d'hélico en rase-motte au dessus de la glace ? Bah, tant qu'à y être, pourquoi pas ! Je passe diner (2 x salade de légumineuse + 2 x dessert) et passe enfiler une combinaison communément appelé mustang. C'est un ensemble une-pièce orange, particulièrement chaud et flottant; comme le bas des pattes s'ouvre pour pouvoir être enfiler par dessus les bottes, ça donne un style "pattes d'éléphant" assez spécial.

Le déploiement de la bouée se passe bien, si ce n'est du froid intense qui complique un peu les choses. Entre autres choses, le moteur de la tarrière fait des siennes; mais bon, on ne peut pas s'attendre à ce qu'un moteur deux temps fasse des miracles par -20 celsius. Aussi, quand on perce la glace bord en bord, l'eau monte dans le trou et lorsqu'on ressort la tarrière, gèle les boulons en place...

En revenant vers le navire, on aperçoit le Louis St-Laurent qui a rejoint l'Amundsen. Le Louis ouvre la marche environ 700 m devant l'Amundsen. Michel nous fait faire un tour d'hélico autour du Louis et revient en rase-mottes à toute vitesse vers l'Amundsen. En arrivant à la hauteur du pont d'atterissage, il monte en piqué, fait un demi-tour pendant qu'on est en apesanteur, et revient se poser en douceur. Wow. Ça fait ma journée.

Ce soir, c'est au tour de Maeva de faire une conférence. Elle présente un vidéo qu'elle a monté sur la plongée du mini sous-marin de l'Amundsen. Durant la journée précédente, les caméras du sous-marin ont filmé le fond marin et ont pris une image d'un vers à la forme suggestive dont personne n'arrive à identifier l'espèce. Elle présente également une vidéo de son voyage en Antarctique.

Ce soir, fettucine, roti de porc, patates pilées et courgettes. Je prend deux assiettes de fettucine accompagnées de courgettes. Plus tard en soirée, les matelots rient un bon coup du tour qu'ils ont joué à Vincent. Lorsqu'on travaille pendant les heures de repas, on peut demander aux cuisiniers de nous mettre une assiette dans le frigo. Le frigo se remplit donc d'assiettes identifiées à leur propriétaire par un post-it. Comme Vincent était de quart, le chef d'équipage a demandé au cook de lui réserver une bonne assiette de courgettes, juste des courgettes parce que "Vincent adore ça". Il y a donc dans le frigo un gros bol à salade rempli de courgettes avec une étiquette "Vincent". Évidemment, Vincent a horreur des courgettes...

Le bateau roule à vive allure, aidé par le Louis qui ouvre la marche. On se dirige vers Radstock Bay, où l'Amundsen va "refueler" à partir des réserves du Louis. Apparemment, il n'y a pas de station service dans le coin...

Sur les photos, le déploiment de la bouée, vue de l'Amundsen à partir de l'hélico et le Louis en train de casser de la glace.








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Puisque la gestion des membres du blog devenait compliquée, j'ai décidé de le rendre publique. Ce sera plus simple d'y inviter les gens qui pourraient être intéressés à suivre les aventures de David et de la famille. Vous pouvez donc partager l'adresse de ce blog avec votre entourage.

samedi 24 octobre 2009

Jour 16-Viscount Melville Sound-Durée du jour 6h11

Mercredi le 21 octobre 2009 (Vicompte Melville)

La rosette qui devait avoir lieu hier soir a été annulée; le bateau est sérieusement pris dans la glace. J'ai passé le plus clair de la journée à la timonerie à observer les tentatives de l'équipage pour nous sortir de là. Ce qui est surprenant, c'est que la glace ne soit pas si épaisse, et qu'elle nous donne autant de misère. Le problème semble être les vents particulièrements puissants qui poussent la glace de travers. À chaque fois que le brise-glace fait une avancée, les vents poussent les blocs concassés par le bateau dans le sillage, et le passage se referme aussitôt. Le temps que le bateau recule et se donne un élan pour avancer, on dirait que les morceaux se soudent et bloquent le passage encore plus efficacement que la glace originale. Comme le vent est de travers, çà crée une pression sur le bateau qui freine sa progression. Bref, on est resté pris au même endroit de 8h du matin jusqu'à 3h de l'après-midi...
Inutile de dire que toutes les activités scientifiques ont été annulées. En fait, la situation était si difficile pendant la matinée, que le commandant a demandé une escorte du Louis St-Laurent, le plus gros brise-glace de la garde côtière ! Il est à environ 500 miles nautiques de l'Amundsen et devrait nous rejoindre demain ou après demain.

Comme tout le monde tourne un peu en rond, Keith, le chef de mission, a décidé d'organiser un programme de conférence. C'est moi qui commence ce soir; je reprends une présentation que j'avais fait à un congrès cet été.

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Comme David m'envoie ses message un ou deux jours après les avoir écrits et que moi je prends aussi un ou deux jours à les afficher, je laisserai dorénavant la date d'écriture au début du message. Ça portera moins à confusion pour les lecteurs.

Cependant, la durée du jour, le lieu dans le titre ainsi que la carte à droite correspondent aux coordonnées du jour. Comme ça vous saurez en tout temps où il est rendu !

vendredi 23 octobre 2009

Jour 15-Viscount Melville Sound-Durée du jour 6h27

J'ai finalement pu deployer mes bouées ! Je suis sorti en hélicoptère avec Ryan et Emilia. On a fait du rase-mottes avec le pinochio pour mesurer l'épaisseur de la glace, et quand on passait au dessus d'un flot particulièrement épais, Michel le pilote se posait le temps que d'installe ma bouée. Il faisait tellement froid et le vent soufflait tellement fort,qu'après la première bouée, mes doigts étaient gelés bord en bord. J'avais enlevé mes mitaines pour pouvoir dévisser le jumper de la bouée (pour la mettre en marche). Mauvaise idée. En cinq minutes, je ne sentais plus mes doigts. Le temps qu'ils dégèlent dans l'hélico, je devais ressortir pour poser la seconde bouée... Pénible. J'ai gardé mes mitaines le plus longtemps possible cette fois ci, et c'était franchement moins pire. N'empêche, le moindre bout de peau laissé exposé est susceptible de geler dans le temps de le dire. Dans ces conditions, on espère qu'il n'y aura pas de bris mécanique. Comme on ne restait que 5 minutes pour installer la bouée, Michel n'arrêtaitpas les pales de l'hélico. Il faut donc bien faire attention pour rester penché, ne pas lever les bras, et rester concentré sur notre position par rapport a celles du rotor de queue. Ryan est aussi descendu pour me donner un coup de main. Je lui en dois une.

Il devait y avoir une rosette en soirée, mais elle est constamment reportée. On avance a pas de tortue. Les glaces ici sont de la glace de première année, mais le vent est tellement fort que déja des hummocks se sont créés. Ces empilades de glace sont difficiles a traverser, et dans la noirceur, on distingue difficilement les passages a travers ceux-ci.

jeudi 22 octobre 2009

Jour 14-Viscount Melville Sound-Durée du jour 6h37

Pas grand chose de neuf aujourd'hui. Au menu du midi, salade de canard et soupe au pois. Au souper, filet de tilapia. J'ai pris deux assiettes, je pense que mon appétit d'hiver vient de se mettre en route. Il faut dire que la température est tombée assez rapidement et drastiquement. Des -1 et -2 de la mer de Beaufort, on est passé aux -10, -15 depuis que l'on est entré dans l'archipel. Le pont du bateau est glissant et les drains gèlent. Le garage de la rosette ne se vide plus de son eau tout seul, et Dieu sait qu'il y a pas mal d'eau qui passe par là. Je dois donc écoper l'eau, remplir un sceau et le balancer par dessus bord...

Nous sommes complètement entouré de glace. Pour mettre la rosette à l'eau, le bateau fait plusieurs tours d'un rayon d'environ 400m puis passe au milieu pour bien casser la glace. Il se positionne ensuite pour que la rosette soit sous le vent, afin d'éviter qu'un flot de glace ne dérive dans le cable de la rosette. Comme il fait passablement froid, on garde la rosette dans le garage le plus longtemps possible. Si ça niaise et qu'elle reste trop longtemps sur le pont, la pompe gèle et on ne peut s'en rendre compte qu'une fois la rosette à l'eau. Il faut alors remonter la rosette, la réchauffer puis recommencer.

Dans l'après-midi, j'ai failli partir en hélico pour déployer mes bouées. J'étais prêt, habillé, mais finalement, la sortie a été remise à demain car la glace (à distance d'hélico) était trop uniforme et ce qui nous intéresse, ce sont les flots multi-années très épais.


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Comme David n'a pas envoyé de photo, je joins une image tirée du site internet de l'Amundsen. Il n'y a pas beaucoup d'information sur la mission en cour, mais un chouette tour virtuel du bateau.

mercredi 21 octobre 2009

Jour 13-Détroit du Prince de Galles-Durée du jour 6h50

Le bateau a bougé pendant la nuit et s'est arrêté depuis un bon bout de temps quand je me lève vers 6h pour voir ce qu'il en est de la rosette prévue pour hier soir. Je me rend à la salle de contrôle et demande par radio si on est en station pour la rosette. Après un silence un peu long, on me répond que non, il n'y aura pas de rosette de sitôt. Parfait, je retourne me coucher.

Au déjeuner, j'apprends que le bateau s'est beaché. La pente de 10 degrés d'hier soir, ce n'était pas le bateau juché sur de la glace, mais sur le fond ! En pompant le fuel vers les réservoirs arrière et en déplaçant du matériel, l'équipage a réussi à déloger le bateau une fois la marée haute. Le bateau sera donc stationné pour la journée, le temps de procéder à toutes les vérifications et inspections nécessaires à la suite de la mission. Évidemment, on ne sait pas grand chose et la machine à rumeur tourne à plein régime.

Dans l'après-midi, je teste mes bouées sur le pont supérieur. Il y a en a deux sur trois qui fonctionnent. Rendu là, il n'y a pas grand chose que je puisse faire, alors je compte bien mettre les trois sur la glace quand même.

Comme c'est dimanche, chaque personne peut acheter une bouteille de vin pour le souper. Bruno en avait acheté une la semaine passée alors c'est mon tour. Au menu, entrée de terrine et d'autruche, kebab de dinde sur riz avec tarte à la tomate, puis pouding au pain pour dessert. Ceci dit, il reste du gâteau forêt noir; on n'est pas trop dans le trouble...

Après souper, science meeting ou le commandant nous fait un topo de la situation: oui le bateau s'est échoué, on l'a sorti de là, les inspections sont faites, il n'y a aucun dégat et on repart ce soir pour continuer la mission.

Après souper, on jase un peu au salon en finissant les bouteilles de vin pendant qu'une autre gang joue au poker. Plus tard, Vincent et Louis sortent une guitare et une harmonica et font un jam dans le salon. Le bateau s'est remis en marche; les bruits et les secousses causées par la glace rendront la nuit pénible, mais c'est toujours mieux que de ne rien faire.

Sur les photos: mes bouées sur le pont supérieur; de gauche à droite Roger, Claude et Patrice.




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Commentaires de l'éditrice:

-Pour ceux qui sont vraiment fan de l'Amundsen, je vous invite à aller visiter le blog de Maeva Gauthier, elle est aussi sur le bateau. Je ne la connais pas, j'ai trouvé son blog par hasard en surfant sur le web.

-Saviez-vous qu'il y une bouée nommée en mon honneur ? Oui,oui, elle s'appelle Germaine inc.. Bon, ok, c'est moi qui ai tété David pour qu'il la baptise ainsi. Coudonc, on a les honneurs qu'on peut !

mardi 20 octobre 2009

Jour 12-Montréal-Durée du jour 10h42

Pendant ce temps à Montréal, vous pensiez qu'on trouvait le temps long.

Mais non, on courrait !







Les adultes courraient aussi, mais on a pas de photos !

N'oubliez pas de lire plus bas les nouvelles de David.

Jour 12-Détroit du Prince de Galle-Durée du jour 7h33

La rosette du matin prévue vers 9h30 a finalement été devancée à 4h, pendant le quart de Dominique. J'ai donc la journée libre jusqu'à 8h, heure à laquelle on devrait rejoindre la prochaine station à la sortie nord du détroit. La journée est magnifique, le lever de soleil époustouflant et pour couronner le tout, on voit une mère ours et son petit courir sur la banquise ! Tout le monde semble être sur les ponts pour prendre des photos du paysage. C'est la première journée de soleil depuis un bon bout de temps et ça semble insuffler la bonne humeur chez tout le monde.


À la timonerie, Ryan discute avec Marc (le commandant), Keith (le chef de mission scientifique) et Michel (le pilote d'hélicoptère) sur les plans de déploiement, l'endroit ou la bouée sera placé, les heures de vol, etc. Ryan semble encore douter du succès de l'opération. Pour ma part, je suis assez optimiste car il fait beau et je vois mal ce qui nous empêcherait de décoller. Vers le milieu de l'avant midi, Michel me donne une brève formation ainsi qu'à quelques autres membres d'équipage sur la sécurité en hélicoptère. J'apprends comment m'attacher correctement, fermer les rotors de l'hélico, envoyer un signal de détresse et sortir le canot de sauvetage. On a droit à quelques anecdotes sur des crashs d'hélicos et l'importance de bien s'attacher. Ça va, je suis bien convaincu !

Au diner, salade de goberge en entrée et côtelettes avec patates pilées et mini carottes. Je saute les côtelettes, car deux repas de viande par jour, ça finit par devenir un peu lourd.

Dans l'après-midi, je continue à donner un coup de main à Ryan et Karrie pour paqueter la bouée dans le cargo de l'hélicoptère. C'est un casse-tête car il y a pas mal de stock à paqueter dans la "valise" de l'hélico. Ceci dit, ça reste beaucoup moins complexe que nos sorties en camping ! À faire entrer donc, la bouée comme telle, consistant en plusieurs longueurs de tuyau de PVC, une boîte avec l'électronique, des supports en métal pour stabiliser les pôles de PVC; quatre sections de tarrière de 8"; quatre sections de tarrière de 2", une tête de moteur pour la tarrière de 8", un carotteur de 4" de diamètre, un portable, des outils, du linge de rechange, des cameras et un lunch. Après quelques essais, on réussit à tout faire entrer. Et bonus, ça me permet de faire un tour dans la salle des machines pour aller chercher du matériel. L'ambiance est on ne peut plus industriel: gris métallique, un machine shop avec des clés anglaises énormes, des racks entiers de vis et boulons de toutes les grosseurs, des moteurs gros comme des minivans, le tout sur un fond de punk/rock allemand !

On part en hélico vers les 15h. Comme le coucher de soleil est prévu pour 17h30, ça nous laisse peu de temps pour tout faire. Bruno me prête des bottes, des culottes et un manteau venant de l'équipement de son labo. Mes bottes d'hiver ont l'air de sandales d'enfant à côté de cex bottes, et le manteau est tellement épais que j'ai juste besoin de le regarder pour rester au chaud. On se dirige vers l'embouchure du détroit puis on vire vers l'ouest. Après environ 40 minutes de vol, on réduit l'altitude pour que le Pinocchio, un appareil installé sur le nez de l'hélicoptère, puisse mesurer l'épaisseur de la glace. On cherche un flot de 2 à 3 mètres d'épaisseur. Michel nous fait zigzaguer en rase-mottes (très, très cool, en passant) jusqu'à ce que Ryan trouve un flot à son goût.

En sortant de l'hélico, on sort le matériel et on se met tout de suite à creuser un trou avec la tarrière de 2". La première étape est de confirmer que l'épaisseur est adéquate. C'est une tarrière manuelle qu'on fait tourner avec un vilebrequin. Les premiers 30 centimètres sont pénibles car la glace est froide et plus fraîche que la glace située plus en profondeur. La fraîcheur de la glace n'est pas due au fait que la neige s'accumule sur le dessus, mais plutôt au fait que le sel est draîné vers le bas. En effet, en se formant, la glace expulse du sel, qui se trouve coincé dans des bulles d'eau salée. À mesure que la température diminue, ces bulles d'eau salées peuvent à leur tour geler partiellement, expulsant encore du sel dans des bulles qui deviennent de plus en plus petites et salées. Éventuellement, par l'effet de la gravité, les inclusions d'eau salée migrent vers le bas, formant un réseau de canaux minuscules dans la glace. La surface d'un flot de quelques années est ainsi suffisamment douce pour être potable.

Après 1h30 de boulot, on termine l'installation de la bouée et on rentre au bateau. Il était temps car le soleil venait juste de se coucher et l'hélicoptère doit être entré au bateau 15 minutes après le coucher du soleil. Je rentre, me change et file tout de suite aux cuisines manger un bol de potage, des crêpes au boeuf, du gateau au pacane et de la croustade aux pommes.

C'est la soirée bar ce soir, mais j'ai une rosette à 20h. Je vide la rosette de son eau, commence à entrer les infos dans les fichiers de log, et me prépare en entrer en action. À 20h, j'appelle à la timonerie pour connaître l'état de la situation. On me dit qu'il y a du retard dans l'horaire. Je fais un peu de ménage et quand je commence sérieusement à m'emmerder, passe jaser avec les gars de la timonerie. Il nous reste environ 8 miles nautiques à naviguer avant de se rendre à la prochaine station. La progression est laborieuse car les glaces sont pas mal épaisses. Vers 21h, le bateau est complètement stoppé par un flot particulièrement costaud. Nico, l'officier de quart, se reprend à quatre reprises (recule, prend un swing et fonce dans la glace) sans réussir à avancer de plus de quelques mètres. Il appelle le commandant qui vient prendre les commandes. Le commandant essaye un peu à droite, puis un peu à gauche avec un tantinet plus de succès, mais il est clair qu'on ne passera pas au travers. Vers 22h, il met donc le cap vers l'ouest pour essayer de contourner le flot en question. Il faudra bien deux heures pour se rendre à la station et je file prendre une douche pour ne pas rater le "last call" du bar.

L'ambiance au bar est chaude et les tournées de shooter se succèdent à un rythme soutenu, ponctuées par les secousses du bateau qui donne dans la glace. Un peu avant 23h, le bateau semble juché, pour ne pas dire jacké, sur un flot et rester complètement pris. Le plancher doit avoir une pente d'environ 10 degrés ! Une fois 23 heures passées, on se met à danser sur du R&B/rap? et Bruno nous fait une immitation assez réussi de rappeur. La pente du plancher augmente le coefficient de difficulté de la danse et on rigole bien. Le commandant met fin au party vers 24h et on passe à la cafétéria pour se rafraichir et manger du dessert. Le bateau est encore bien penché et n'a pas bougé d'un poil. Quand je me couche, je vois des matelots déplacer du matériel sur le pont... clairement, il n'y aura pas de rosette de sitôt.


Sur les photos, les deux ours qui courent dans le soleil levant, jeux d'ombre dans le train d'onde du bateau (oui, oui, c'est de la glace qui ondule), l'île de Banks, le déploiement de la bouée, Ryan et moi qui perçons le trou pour le sonar.






lundi 19 octobre 2009

Jour 11-Golf d'Amundsen-Durée du jour 8h06

Vendredi le 16 octobre,

Dès que l'on met les pieds sur le bateau, on devient très vite familier avec ce qui est appelé le "All Call"; on compose le 60, on laisse un message, et ce message est diffusé tout de suite après par tous les haut-parleurs du bateau. On entend donc souvent des messages du genre: "Joannie appelle le 415, -- Joannie, appelle le 415." Ma première tentative de All Call était un peu raté; je doute que quiconque ait compris ce que j'ai dit. Pour la deuxième, j'ai pris ma plus belle voix et articulé avec toute l'amplitude permise par ma machoire: "Steve est demandé à la rosette, Steve, tu es demandé à la rosette." Et comme par magie, Steve est apparu avec ses pinces pour reconnecter le cable d'alimentation de la rosette.


Cette rosette est la dernière dans le Golf d'Amundsen, le bateau se dirigera ensuite vers le détroit du Prince de Gales. C'est la première fois que l'Amundsen traverse ce détroit. Comme c'est un endroit fréquenté des bélugas pendant leur période de reproduction et que les Innus viennent y chasser, le passage est rarement emprunté par les vaisseaux commerciaux. C'est mal vu d'y passer, selon le commandant avec qui j'ai piqué une jasette en attendant ma rosette.

Pour diner, roulades de saumon. Notez que 80% des plats sont accompagnées de patates pilées. Dans l'après-midi, je vais donner un coup de main à Anabelle dont les bouteilles d'argon ont le bouchon collé. Ce sont de grosses bouteilles en métal qui ont passé l'été sur le pont et dont le bouchon de protection a rouillé en place et il n'y plus moyen de les dévisser. Roger-des-Îles me suggère de prendre un pipe wrench dans l'établi et de persuader le bouchon de se dévisser par de tendres coup de masses. Le dit pipe-wrench mesure deux pieds de long et doit peser 40 livres... parfait ! Aidé par du bon vieux WD-40, on réussi sans trop de problème à déboucher la première. La deuxième bouteille est d'accès plus difficile et il faut se mettre à trois pour dévisser le fameux bouchon.

Le bateau compte six moteurs diesel pour la propulsion, et deux autres pour les génératrices. Les hélices du bateau sont mues par un moteur électrique, dont l'électricité est généré par les moteurs diesels. En temps normal, le bateau file avec quatre moteurs. En cas de fort courant de face ou de glace, les siz moteurs sont mis en marche. On peut alors faire 14 noeuds. Lorsqu'on se trouve dans les glaces, le bateau bouge et grince. Les secousses et le bruit font penser à un tremblement de terre. L'ennui, c'est que ça peut durer des heures. On finit toutefois par s'habituer, et au moins, la glace ammortie les vagues. En s'approchant du détroit, on aperçoit l'ile de Banks; ça fait du bien de voir autre chose que de l'océan et des nuages gris à perte de vue.

Dans l'après-midi, on se loue un film: The good sheperd. C'est un peu long et finalement, assez ennuyant. Au souper, fettucine et re- tarte aux pacanes. Après souper, science meeting. On discute des plans pour que Ryan sorte en hélicoptère déployer sa bouée. Comme j'ai déjà déployé une bouée similaire au printemps passé, je vais accompagner Ryan et Karrie-Ann sur la glace pour leur donner un coup de main. L'expédition est incertaine car il faut se rendre assez loin pour que l'hélico ait le temps de nous porter et nous ramener avant le coucher du soleil. En plus, c'est la seule et unique chance de Ryan pour la déployer. Si le bateau est ralentit par les glaces ou s'il y a trop de brume, c'est just too bad; après demain, on sera déjà trop loin de la région qui l'intéresse. C'est un dénouement platte quand on a investit deux mois de travail et 26 000$ d'équipement...


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Sur les photos, Oliver, sa femme et assistane Lunis qui vont faire de l'échantillonnage en zodiac. Les vents sont forts, les vagues hautes, et Lunis reviendra avec un sérieux mal de mer. Patrice, Vincent et Philippe, un officier, un marin et un photographe du Figaro respectivement, en ont vu d'autres et reviennent ravis de l'aventure.

Sur l'autre photo, Ryan en train de déconnecter les fils de sa bouée afin de la paqueter dans le cargo de l'hélico.


dimanche 18 octobre 2009

samedi 17 octobre 2009

Jour 10-Mer de Beaufort-Durée du jour 8h16

La première rosette de la journée se passe bien. Je donne ensuite un coup de main à Anabelle et Mary qui doivent redescendre leurs bouteilles pleines d'eau dans leur labo respectif. Comme je vais manquer le déjeuner, je me prend des bonnes vieilles toasts au beurre de pinottes, bananes et miel puis je remonte vider les bouteilles pour la deuxième rosette du matin.

Ça fait maintenant une semaine que le nouvel équipage est sur le bateau et l'ambiance devient plus familière. On commence à entendre des jokes sur la radio et Claude, le chef officier qui officie au déploiement de la rosette, aime bien me taquiner. Disons que si en seulement une semaine on devient aussi familier, ça promet pour les cinq suivantes !

En attendant le dîner, je donne un coup de main à Oliver, un allemand qui étudie au BC. Il s'est fait fabriquer une sorte de catamaran miniature, plein de fils, de boîtes étanches et télécommandé à distance via un ordinateur. L'équipement que transporte le dit catamaran lui permet d'échantillonner les premiers micromètres d'eau à la surface. Il l'a démonté pour le transporter et il était en train de le remonter quand je l'ai rencontré dans le hangar de l'hélicoptère en train de serrer des boulons. En fait, je lui ai proposé de l'aider surtout avoir une bonne excuse pour fouiller dans l'établi du bateau !

Malheureusement pour Oliver, la mise à l'eau de son catamaran est reportée à plus tard. On retourne à la station 405 pour réessayer de trouver un mouillage qui ne répond pas à l'appel. Comme je n'ai pas de rosette pour le restant de la journée, je fais l'exploration de l'étage des labos. Je croise Vincent, un technicien, qui remplace les batteries des déclencheurs. Ce sont des gros cylindres en métal qui sont tout en bas du mouillage et qui contiennent une pince amovible et une sorte de modem acoustique. Quand le déclencheur reçoit un signal bien précis, la pince s'ouvre et relache le lest qui retient le mouillage au fond. Le mouillage se met à flotter et il peut être récupéré du bateau.

Après souper (spare ribs, onion rings et frites, tarte aux pacanes pour dessert) on joue un peu à Rock Band puis quand le bar ouvre, on se met à se payer des bières les uns les autres. C'est quand même plus drôle que de s'en acheter pour soi. On improvise une mini piste de dance et je me mord les doigts de ne pas avoir suivi plus de cours de salsa !

Vers 11h, on lance le Moving Vessel Profiler (MVP), une sorte de CTD au bout d'une winch qu'on laisse trainer derrière le bateau. C'est Dominique qui s'en charge, mais je vais le relayer de 2 à 3h pour lui permettre de se changer les idées. Il faut constamment regarder l'écran de contrôle pour s'assurer que tout fonctionne bien, que le "poisson" ne va pas percuter le fond et que la winch ramène bien le poisson. Le lever du corps va être dur demain.

Sur les photos, Claude, le chef officier, en train de superviser la remontée de la rosette.



vendredi 16 octobre 2009

Jour 9-Mer de Beaufort-Durée du jour 8h36

Mercredi le 14 octobre 2009

Le bateau compte près de quarante membres d'équipage et 46 scientifiques. Les tâches sont réparties comme suit: commandant, chef officier, 1er, 2ieme et 3ieme lieutenant, 3 timoniers, maître d'équipage, 4 matelots, chef mécanicien, mécanicien sénior, 3 mécaniciens, 4 assistants mécaniciens, électricien, officier électronique, technicien électronique, pilote d'hélicoptère, mécanicien hélicoptère, officier logistique, officier médical, commis magasinier, chef cuisinier, 2 cuisiniers, 5 steward, chef de mission scientifique et 46 scientifiques.

Aujourd'hui, un CTD à 5h15, une rosette à 6h15, un CTD à 12h30 et une autre rosette à 15h. Environ 10 minutes avant la rosette de 6h15, l'élastique d'une des bouteilles a cassé. Je me suis mis à fouiller un peu frénétiquement pour trouver un élastique de rechange. J'en ai finalement trouvé un (en caoutchouc plutôt qu'en silicone, mais bon...) , et avec l'aide du maître d'équipage et d'un bon vieux support à linge, j'ai remplacé l'élastique cassé. J'ai fait une sieste vers les 9h, puis je suis allé voir l'officier médical, Ghyslaine, pour répondre à quelques questions et faire prendre ma pression.

Le drain du "rosette shack" est enfin débouché. C'est juste un trou et un tuyau, mais c'est un trou important ! Chaque bouteille contient 12 litres et il y a 24 bouteilles. En plus, chaque fois qu'on remonte la rosette, on la passe à l'eau pour éviter que le sel se dépose sur l'équipement et l'endommage. Au final, ça fait pas mal d'eau qui coule par terre et sans drain, on finit par patauger dans 2 pouces d'eau. Roger, un marin des Îles-de-la-Madeleine avec une moustache incroyable (oui, oui, je vais prendre une photo) l'appelle la "piscine". C'est Phil qui l'a débouché. Semble-t-il que le drain était plein de Tie-Wraps. Il nous a patenté une espèce de grille avec une canne de conserve ! Astheur on est en affaire.

J'ai fait une partie fléchette après le souper (spaghetti), puis il y a eu un science meeting et je me suis couché vers 8h30, complètement crevé. La première rosette de demain est à 5h30, ce que je considère maintenant comme pas si de bonne heure. Incroyable ...


jeudi 15 octobre 2009

Jour 8-Mer de Beaufort-Durée du jour 8h46

Mardi le 13 octobre 2009

Réveil à 4h pour la première rosette de la journée. Après la rosette de 6h30, déjeuner de pain doré avec du sirop d'érable. Je retourne me coucher, histoire de ne pas commencer à bailler à 4h de l'après-midi. Suite à la rosette de l'après-midi, un appareil, le profileur acoustique Doppler, ne fonctionne plus. En fait, on suspecte que c'est le cable qui a rendu l'âme. L'appareil estime la vitesse des courants en mesurant la fréquence de l'écho d'un signal sonore.

Dans l'après-midi, Bruno aperçoit un harfang des neiges. Je cours chercher mon appareil photo et monte sur le "Monkey's Island", le pont extérieur le plus élevé du bateau. Je poirote pendant quelques minutes puis finalement aperçoit l'oiseau qui fait un tour du bateau puis disparait dans la brume qui nous entoure depuis quelques jours maintenant. Je réussi à prendre quelque clichés grâce à la lentille qu'Amélie m'a prêté. Mais bon, ça reste une photo d'un animal blanc sur fond blanc, juste un peu trop loin...

Dans l'après-midi, Katie, Karie-Ann et Ryan déploient un ballon sonde. C'est une grosse balloune gonflée à l'hélium qui transporte un émetteur radio. J'ignore ce que la sonde mesure au juste, mais l'opération est comique. Il ne faut surtout pas échapper la balloune quand elle est gonflée et que l'émetteur n'est pas encore accroché !

La rosette de 16h30 devient la rosette de 17h30 pour devenir celle de 18h30. Au final, c'est Dominique qui prend le relai et qui va faire la prochaine rosette ainsi que les autres prévues pendant la nuit. Je reprendrai le collier à 4h demain matin.

Soirée bar, ce soir. Miguel, un matelot cubain, fait le barman. Je jase avec Ryan qui ronge son frein en attendant d'être dans la glace. Il doit déployer des bouées semblables à celles que j'ai installé le printemps passé: Ice Mass Balance (IMB) buoys. Ryan a fabriqué ses bouées en suivant le modèle de celles que nous on a acheté. Je suis curieux de voir comment il s'est pris et je vais lui demander de me les montrer.


mercredi 14 octobre 2009

Jour 7-Mer de Beaufort-Durée du jour 8h50

Deux jours pour le prix d'un:

Dimanche le 11 octobre.

Petite journée. Il y a du swell, j'ai le mal de mer et pas grand chose à faire. Les rosettes sont continuellement repoussées en raison du mauvais temps. J'ai profité de l'après-midi pour faire une sieste. Finalement, ce qui a eu raison du mal de mer c'est un gros diner et une scéance de gym.

Le dimanche, c'est le souper du commandant. Le code vestimentaire est un peu plus strict et les plats plus fancy. On a mangé une entrée de saumon fumée, du filet mignon avec patates grecques et asperges. Il y avait un gateau au chocolat pour dessert mais je n'avais plus de place.

J'ai une rosette de prévue pour 21h et 23h. Comme à 21h la récupération du mouillage n'est pas terminée, ce sera plutôt 23h et 1h30. La rosette de 23 heures se passe bien. Ce n'est pas très compliqué mais il ne faut rien oublier. Le plus critique est de ne pas laisser la rosette percuter le fond. On communique donc par radio avec le matelot au treuil pour lui indiquer la distance restante. Rendu au fond, on remonte la rosette en fermant les bouteilles à différentes profondeurs.

Une fois la rosette remontée, les "water junkies" font la file pour aller tirer leurs échantillons d'eau des bouteilles. Chacun a besoin de tant de millilitres à différentes profondeurs. Ils viennent donc avec leur éprouvettes ou leur bidons, et tirent l'eau dont ils ont besoin pour leurs expériences. Ils vont ensuite passer la nuit dans leur labo à analyser différentes caractéristiques de l'eau. Bruno, mon coloc, travaille sur les carbonates, des molécules utilisées par les organismes marins pour bâtir leur coquille. Avec l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère, ces carbonates tendent à se dissoudre, conséquence d'une plus grande concentration d'acide carbonique. Bruno mesure donc des profils de concentration de carbonate dans la colonne d'eau. Pour chaque rosette, il a pour environ 6 heures de travail. Sa journée finira donc vers les 5 heures du matin. La machine à café fait partie des services essentiels du bateau... Vive la science.

Lundi le 12 octobre

J'ai passé le plus clair de ma journée à travailler sur l'ordinateur. Je n'ai fait qu'une rosette. J'ai fait une sieste dans l'après-midi pour récupérer un peu. Après souper (pâté mexicain), il y a un science meeting ou Keith nous a expliqué qu'un des mouillages devra être abandonné. On a perdu trop de temps à cause de vent et on ne peut plus vraiment revenir en arrière. C'est dans les prochains jours qu'on va décider si on prend la branche sud ou nord du passage de nord ouest. A priori, la branche sud semble plus probable, car il y a pas mal de glaces épaisses qui bouchent l'entrée du détroit de M'Clure.

Après souper, c'est l'heure de Rock Band ! J'ai essayé le drum (très l'fun), la basse et la guitare. Je ne me suis pas risqué au chant, c'est encore un peu tôt en début de mission pour ça...

Je me suis couché vers 9h parce qu'il y a une rosette de cédulée à 4h demain matin, et une autre à 6h30.

Sur les photos, il y a un mouillage en train d'être récupéré. On lui envoit un signal et il se décroche du fond. Le bateau s'approche et on récupère les instruments à l'aide d'une grue. Dans la timonerie, tous les officiers regardent par les fenêtres avec leurs jumelles pour trouver l'endroit ou le mouillage a fait surface.

L'autre photo est une coursive (le mot marin pour corridor) à babord.


mardi 13 octobre 2009

Vos commentaires sont acceptés

Comme plusieurs lecteurs de ce blog sont des néophytes en communication bloguienne, je me permets de souligner que vos commentaires seraient vraiment appréciés.

Vous n'êtes pas obligé de nous dire que les photos sont belles et qu'on écrit donc bien, mais si vous avez des questions ou qu'un élément vous a touché, vous pouvez utiliser le petit icone de crayon en bas de chaque message pour nous le faire savoir. Les commentaires sont une partie essentielle d'un blog, le rendent plus dynamique et interactif.

Par exemple vous pourriez dire: "Mais David, pourquoi est-ce que tu nous décris chacun de tes repas dans le détail ?"

Ce à quoi David pourrait vous répondre: "C'est Laurence qui veut savoir, elle a peur que je mange mieux sur le bateau qu'à la maison !"

Ou encore: "Mais David, tu dois avoir froid quand tu travailles dehors." et il vous répondrait: "Je travaille surtout en dedans, c'est plutôt l'équipage du bateau qui travaille dehors."

Ou alors: "Mais David, qu'est-ce qu'un mouillage ?" et là je ne sais pas trop ce qu'il vous répondrait parce que moi non plus je ne le sais pas.

Lâchez-vous lousse, cassez la glace, vous ne pourrez plus vous arrêter !

Laurence

Jour 6- Montréal-Durée du jour 11h03

Pendant ce temps à Montréal (en fait c'était à Québec, plus précisément aux Chutes de la Chaudière) :









Merci à Pierre de m'avoir permis de tromper mon ennui en me permettant de jouer avec son appareil photo.

lundi 12 octobre 2009

Jour 5-Durée du jour 9h09-Golfe d'Amundsen

Lever à 3h20. Je suis passé voir Dominique au CTD shack. Pas de rosette ce matin parce qu'il y a trop de vagues. Les vents sont de 35 noeuds et ça brasse trop pour récupérer le mouillage et faire les prélèvements de sédiments qui étaient au programme. Retour à la couchette.

Lever à 7h15. Même histoire, encore trop de vagues. Le bateau va se diriger vers la banquise pour retrouver des conditions plus calmes. Apparemment, une des grues avant est en panne et on n'est clairement pas dans des conditions qui permettent de travailler dehors en sécurité.

Déjeuner bacon, oeufs et saucisses avec des toasts. Au science meeting plus tard en matinée, Keith, le responsable de mission, nous présente deux scénarios. Le scénario A, optimiste, où on retourne à la station précédente pour refaire une rosette et un CTD. Si la mer est encore trop grosse, on saute au scénario B, où l'échantillonnage se fera en soirée.

À la fin du meeting, un message à la radio nous annonce qu'un ours a été aperçu à tribord. Je passe à ma cabine pour enfiler des bottes et un manteau. En sortant, je vois les traces de l'ours dans la glace, mais nous sommes déjà trop loin pour que je puisse le voir. Schnout.

On est maintenant entouré de blanc. Le bateau fend la glace comme de la vulgaire slush, laissant dans son sillage des flots retournés. La glace jeune, plus noire, entoure des flots de glace multiannée, blanche sur le dessus et bleue en dessous. Le spectacle est magnifique. Le bateau s'arrête au milieu de ce qui me semble être nulle part. Quelques instants plus tard, on entend un puissant "tuuuuuut". Intrigué, et suspectant qu'il y a quelque chose à voir, je m'habille et sort avec ma caméra. Une équipe est descendue sur la glace pour faire une carotte de glace. Devant le bateau, un ours polaire se dandine. J'ai réussi à prendre quelques photos mais il est un peu trop loin pour que les clichés soient convaincants. Deux ours dans la même journée ! Ça promet.

La glace atténue effectivement les vagues. Les mécanos réussissent à réparer la grue et on quitte le couvert de glace pour retourner vers la station précédente.

Au dîner, de la soupe aux légumes et des restes d'hier: patates et brocolis. Il y a aussi du poulet au miel mais je passe mon tour. Après-midi je retourne faire un tour au gym. La mer grossit et j'ai du mal à rester sur le vélo stationnaire. Pendant que je prends ma douche, l'officier de quart à la radio annonce de bien se tenir car on s'attend à passer dans une zone plus mouvementée... Effectivement, ça commence à brasser et je dois me tenir à une main et me savonner avec l'autre.

Finalement, il n'y aura pas de rosette aujourd'hui. La mer est trop grosse et on ne peut pas mettre le mouillage à l'eau. On retourne à l'abri des vagues dans la banquise. Les seuls qui travaillent sont ceux qui prennent des carottes de glace. À quelques reprises, le brise glace est arrêté par des flots trop épais. Normalement, la vitesse du bateau est suffisante pour le faire grimper sur la glace et la faire casser, mais à l'occasion, les flots sont trop épais pour casser et font simplement dévier le navire de sa course. Il faut alors reculer et recommencer... Je dois dire que c'est dans le très impressionant de voir un bateau se soulever dans les airs, puis de retomber avec des bruits de flots qui cassent. Bruno m'a dit que le bateau consomme 50 litres de diesel à la minute. Je peux le croire.

Au souper, hamburgers et frites. Miam. Je fais ensuite une partie de fléchettes avec Simon et Ahmed. Plus tard, vers 8h, c'est la soirée bar. Le bar n'est ouvert que de 8h à 11h les mardis, jeudis et samedis. On peut acheter cinq consommations. Chaque fois que l'on prend une bière ou un verre de vin, les barmen (des volontaires qui changent à chaque soirée) font une croix à côté de notre nom. J'ai pris une bleue ! et puis plus tard une Kilkenny, et ensuite j'ai essayé de rejouer aux fléchettes... Je dois dire que le mélange de bière, de roulis et de fatigue complique la tâche !



dimanche 11 octobre 2009

Jour 4- Durée du jour 9h22-Golfe d'Admunsen

Réveil à 7h. Déjeuner de céréales. Il y a toujours des oeufs et du bacon. Mais je me dit que si je mange un déjeuner de bucheron tous les matins, je vais finir par faire du gras. Il y a aussi du pain et 7 toasters pour les amateurs de beurrées de beurre de pinotte.

Ensuite, on a fait deux cast CTD dans la matinée. L'appareil mesure la conductivité (dépendant de la salinité), la température en fonction de la profondeur. Il y a aussi d'autres appareils mesurant le taux de chlorophylle, la transmission de la lumière, le carbone dissous, le ph, la pression, etc. On descend donc le CTD avec un treuil controlé par un matelot. On le descend jusqu'à 10m du fond, puis on le remonte tranquillement. Sur la rosette, il y a 24 bouteilles de Niskin. Chaque bouteille a un bouchon en haut et en bas, reliés par un élastique sous tension. Un filin accroche l'élastique à un déclencheur commandé à distance. De la salle de contrôle, on peut fermer des bouteilles à différentes profondeurs lors de la remontée, selon les besoins des chercheurs à bord.

Pendant l'après-midi, on a eu droit à la visite officielle de sécurité du bateau. L'officier nous montre comment fonctionne les portes étanches, les portes coupe-feux, quoi faire quand quelqu'un tombe à la mer, ou sont les canots de sauvetages, etc. On a aussi essayé les combinaisons d'immersions, qui sont des wet suits étanches. En principe, on doit pouvoir survivre 24 heures dans l'eau avant de mourir d'hypothermie. C'est toujours mieux que les 5 minutes avec une veste de sauvetage. Bref, le mieux c'est de ne pas tomber à l'eau. Comme dirait l'officier, "c'est pas le fun".

Histoire de ne pas trop perdre la forme, je suis allé faire un tour dans la salle d'entraînement. D'une superficie d'environ 2 m carré, elle contient deux vélos et un tapis roulant, ainsi que des poids. J'ai fait un peu des trois. Pas facile de faire du tapis roulant sur un bateau qui tangue...

Plus tard dans l'après-midi, on a eu droit à une pratique d'incendie. L'équipage faisait une simulation, et le travail de l'équipe scientifique était de s'enlever de leur jambes et de faire le pied de grue sur le pont avant, au froid. Première leçon de vie sur un bateau en Arctique: le temps est long quand on est dehors et mal habillé. Certains l'ont appris à leur dépens. Après environ 45 minutes, on a pu rentrer et se réchauffer un peu.

Pour souper, filet d'aiglefin avec patates pilées et brocolis. J'ai repris des patates, elles étaient pas mal bonnes. Ensuite science meeting, ou on apprend que l'horaire du lendemain est le suivant: 3 rosettes à partir de 3h30 (du matin) et une autre à 7h15. La nuit risque d'être pas mal courte, car le vent s'est levé et le bateau tangue pas mal. Dormir dans un lit qui bouge n'est pas encore tout à fait au point. Morale de l'histoire: dort quand tu peux, on ne sait jamais quand sera la prochaine occasion.

Direction, Golfe d'Amundsen.










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Est-il en train d'insinuer que les patates pilées de l'Amundsen sont meilleures que les miennes ?

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Je mets une carte, ça représente à peu près la position de l'Amundsen au moment où j'écris ce message. Si je n'ai pas d'information de la source, j'interprète librement !!!


Agrandir le plan