jeudi 19 novembre 2009

Le retour

Pique-nique sur le traversier


L'Amundsen qui arrive et un hélicoptère de la Garde-Cotière qui vient l'accueillir

Devant Québec

Sur le quai, en attendant que le bateau ait fini ses manoeuvres.


Sur le pont en attendant la fin des manoeuvres.

Enfin, la passerelle est installée.


Tout est bien qui finit bien (sauf pour Élise qui est malade)

Les filles devant la rosette

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Ceux qui me connaissent bien ne seront pas surpris d'apprendre que je me suis arrangée pour manquer l'arrivée de l'Amundsen au quai de la Garde Cotière.

Un excellent plan de dîner sur la traverse Québec-Lévis s'est transformé en 45 minutes d'angoisse lorsqu'on a vu l'Amundsen dépasser à toute allure l'Ile d'Orléans alors qu'on venait à peine de quitter le quai de Québec. Nous avons donc eu droit à une magnifique arrivée vue du fleuve, mais malheureusement, nous n'étions pas sur le quai quand l'Amundsen a acosté. Par chance, les manoeuvres d'accostage on duré plusieurs minutes et nous avons eu le temps de revenir à Québec, courir jusqu'à l'Amundsen et attendre au moins 10 minutes avant que David mette pied à terre.

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Demain des photos de la visite du bateau !

mardi 17 novembre 2009

Jour 40-Durée du jour 9h11-Gros-Cacouna

Difficile de croire qu'une journée puisse compter autant d'heures et aussi peu à la fois. Mais, enfin (déjà!) elle tire à sa fin.

Nous partons demain matin en direction de Québec pour aller chercher David. Pas besoin de vous dire qu'on a hâte.

L'Amundsen est en ce moment dans le coin de Rivière-du-Loup, il devrait partir demain matin pour Québec.

David n'a pas envoyé de journal proprement dit pour les deux derniers jours mais je vous laisse un extrait de courriel qu'il m'a envoyé.

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Lundi, 16 novembre

On est rendu dans le coin de Sept-Iles. On a eu des vents de 40 noeuds aujourd'hui et ça a brassé en titi. Tellement qu'à certains moments, et surtout à l'avant du navire, on se sent en apesanteur quand le bateau retombe d'une vague. C'est particulièrement plaisant quand on
transporte des caisses de matériel dans un escalier ! Ceci dit, quand le bateau monte sur une vague, c'est l'effet inverse qui se produit et les petites boîtes deviennent soudainement pesantes. La prochaine fois que je déménage, je vais pouvoir dire: Bah, tant que les escaliers
bougent pas, il y a pas de problème !

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De retour jeudi avec des photos de l'arrivée !

lundi 16 novembre 2009

Jour 39-Durée du jour 8h59-Passage de Jacques-Cartier

Pas beaucoup de nouvelles provenant de l'Amundsen qui est, en ce moment, en transit dans le Golfe et, bientôt, le fleuve St-Laurent. Cependant, David m'a dit que le bateau doit ralentir son allure pour arriver comme prévu mercredi à 13h00 puisqu'une réception est organisée. En effet, une arrivée de bateau, c'est un peu plate si le bateau est déjà arrivé !

En entendant parler de réception, j'ai tout de suite pensé à ces images de navire accostant dans un port rempli de femmes en liesse. Les fanfares, les confetti, les drapeaux.... Malheureusement, mes recherches sur internet sont restées vaines et aucune image ne correspondait à mon fantasme. J'ai trouvé quelques images intéressantes mais il y avait toujours un petit quelquechose qui clochait.

Le look des années 40 me plait beaucoup, mais il risque fort de faire un peu froid à Québec pour porter ça. En plus, ils ne sont même pas dans un port.


Trop de barbe, trop de cheveux, trop de manteaux, ça ne marche pas ! Et ça manque de confetti !



Il ne faudrait quand même pas exagérer !

dimanche 15 novembre 2009

Jour 38-Durée du jour 9h02-Côte-Nord

Samedi le 14 novembre 2009, Côte du Labrador

Journée de ménage dans les labos. J'ai lavé les comptoirs, passé l'aspirateur et la moppe dans la salle de contrôle du CTD. Vers 10h, il y a eu une présentation de Reinhard sur son expédition à Pingaluit. C'est un lac cratère dans le nord du Labrador en forme de disque presque parfait. Il a la particularité d'être particulièrement profond, plus de 200 m, et d'avoir les eaux parmi les plus claires au monde. La clarté de l'eau vient du fait qu'il n'a aucun affluent; toute l'eau du lac vient des précipitations. En conséquence, le taux de sédimentation est extrêmement faible, ce qui signifie qu'une carotte de sédiment prise au fond permet de remonter extrêmement loin dans le passé. Reinhard a donc parlé de l'organisation de l'expédition, passablement complexe. Le carottage doit se faire l'hiver pour pouvoir installer une plateforme de forage sur la glace. Comme c'est un milieu exceptionel, la direction du parc leur a interdit d'amener de l'essence sur le lac. Tout le matériel devait donc être amener sur le lac à pied, depuis le camp de base situé à l'extérieur du cratère. De plus, rien, absolumement rien de devait contaminer le lac. Tous les petits besoins devaient donc être fait dans un sac de plastique puis transporté le soir au camp de base. Malgré toutes les contraintes et les difficultés reliées au froid intense (eau+froid+vent+métal=paquet de trouble), ils ont réussi en deux semaines à ramener une carotte de 9m de long ! Selon leurs estimés, les plus anciens sédiments récoltés datent d'environ 200 000 ans ! Avec de l'équipement plus costaud, Reinhard pense qu'ils pourraient prendre des carottes plus longues et récolter des sédiments déposés il y a deux millions d'années.

Dans l'après-midi, Joannie a fait une présentation sur la production primaire dans l'Arctique. C'est un sujet qui récolte beaucoup d'attention parce que contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'océan arctique est un milieu très productif. Il y a donc beaucoup de phytoplancton qui y croit. En plus d'être à la base de la chaîne alimentaire, le phyto convertit le CO2 dissout dans l'eau en sucre via la photosynthèse. Le phyto est ensuite mangé par les organismes plus haut dans la chaîne alimentaire qui, en mourant, coulent au fond. La croissance du phytoplancton permet donc de transférer du dioxide de carbone de l'atmosphère vers le fond de l'océan, ou il ne contribue pas au réchauffement climatique.

Pour fêter le dernier samedi du leg, les jeunes de School on Board ont proposé de donner un coup de main aux cuisiniers et aux stewards. C'est donc eux qui ont servi les plats, fait le service et la vaiselle, aidés par quatre scientifiques. L'une des étudiantes a même joué du violon pendant le souper. Il y avait au menu des souvlaki et des ailes de poulet. En plus, la salle à manger des officiers était fermée et ils ont mangé avec tout le monde en bas. Des tables avaient été ajoutées dans le salon pour l'occasion. C'était très agréable. Après le souper, on a rangé les tables et fait de la place pour le dernier bar du voyage, pendant lequel la cloche a sonnée au moins quatre fois; j'ai fini par arrêter de les compter !

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L'Amundsen arrivera à Québec mercredi, le 18, à 13h00 ! On y sera !

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Au premier plan, c'est mon frère, en arrière-plan, c'est un décor de télé et un public. Celle qui prend la photo c'est moi. Vous avez le droit de déduire que j'ai passé mon dimanche matin à l'enregistrement de l'émission Le Cercle pour y encourager mon frère. Je ne brulerai pas les punchs et je ne vous révèlerai pas tout de suite s'il a gagné 5000 $. Vous devrez attendre la semaine du 4 janvier. Je crois que c'est à TVA, mais aucune idée à quelle heure.

La photo est vraiment poche, je suis désolée, mais mon merveilleux appareil photo reviendra mercredi, avec David, évidemment !

samedi 14 novembre 2009

Jour 37-Durée du jour 8h31-Côtes du Labrador


Jeudi et vendredi les 12 et 13 novembre 2009

Le gros de la journée est consacré au transit du Fjord d'Okak vers celui d'Anaktalak. La navigation est un peu compliqué parce que les eaux sont pleines de rochers minuscules et d'îles. C'est vraiment comme le sommet d'une chaîne de montagne à moitié submergée dans l'eau. On arrive à la première station du dernier Fjord vers les 3 heures et les opérations commencent avec une rosette. Suivent les différents types de filets (vertical, horizontal, chalut de fond) et le box core (boîte de sédiments). Le tout prendra environ 8 heures après quoi on se dirige vers la prochaine station. On devrait terminer, pour de bon, demain vers midi, et Joannie a passé toute la journée à se demander ce qu'on pourrait bien faire pour célébrer la dernière opération scientifique de l'année sur le bateau. On a sorti des idées comme une guerre de bouette, un barbecue, des sets carrés, mais il n'y a encore rien qui fasse vraiment l'unanimité.

Ce soir, c'est à mon tour de faire le barman. À chaque soirée bar, il y a un membre de l'équipage et un scientifique qui forment l'équipe du bar. J'ai mis mon kit le plus chic et avec Christian, un mécano, on a servi de la bière et des drinks de 8h à 11h. C'était vraiment très le fun. J'ai fait des Bloody Ceasars (clamato, vodka, worcesteshire, tabasco sur glace, avec du sel de celeri sur le bord du verre), des Kamikaze (vodka, lime et triple sec) et des shooters de Tequila. Je pense que j'ai bien fait ça parce qu'on m'a dit que si la science ne m'intéressait plus, je pourrais me recycler en barman !

Après le bar, je suis allé tenir compagnie à Dominique pour la dernière rosette de l'année 2009. Ensuite, je suis allé donné un coup de main à la gang qui fait les filets, puis à ceux qui font le box core (que d'ailleurs j'ai réveillé une heure trop tôt ... oups) J'ai réussi à rester réveiller et à m'occuper jusqu'au déjeuner à 7h30, ou je suis allé manger une grosse assiette de bines, 2 oeufs, du bacon et trois toasts. Après, dodo.

Je me suis réveillé vers 14h, et en descendant vers la cuisine, j'ai appris qu'il y a avait un workout sur le pont d'envol. Je suis allé rejoindre les jeunes de Schools on Board et quelques matelots et scientifiques. On a fait toutes sortes d'exercies avec des cordes à danser, deux ballons, et on a fait des chin-up sur la porte de hangar de l'hélico. Dans le groupe de jeunes, il y a un Innu de 19 ans qui a confirmé le stéréotype sur les Inuits: trapu, pas frileux et fort comme un boeuf. Je l'ai rarement vu avec un manteau; il se promène généralement avec un t-shirt sous une chemise à manche courte et une calotte.

Au souper, linguine avec une sauce aux tomates séchées. On a ensuite regardé un vidéo du tour d'hélicoptère prise par une caméra montée sur la tête du mécano d'hélico. Un matelot a remarqué que c'était bien la première fois qu'elle servait à quelque chose. On a ensuite regardé des vidéos sur les meilleurs spots de planche à voile; le pilote d'hélico est un amateur de planche et il va passer deux semaines à Hawai en décembre pour en faire.

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Comme il n'y a pas de photo de l'Amundsen aujourd'hui, je vous offre un mini-photo-roman notre soirée de vendredi.

Ouch !

vendredi 13 novembre 2009

Jour 36-Durée du jour 8h19-Fjord Anaktalak

Mercredi le 11 novembre 2009, Fjord d'Okak

Journée de stand-by... Je me suis levé à 6h30 en prévision de la rosette de 8h. Finalement, il y a eu toutes sortes de retards sur les opérations et la dite rosette a été terminée à 3h ! J'ai pris des photos et erré sur le bateau. Je n'ose pas trop retourner dans ma chambre parce que Max a travaillé toute la nuit et a besoin de dormir; ça reprend cette nuit. J'ai passé une partie de la matinée à aider Lina avec ses carottes de bouettes. En gros, je tiens ses sacs ouverts pour qu'elle puisse y mettre des pelletées de boue. J'ai aussi aidé Vincent à configurer la nouvelle cellule photoélectrique pour la rosette. Il faut bien s'occuper.

Au midi, Tanya nous raconte comment elle fait pour capturer des phoques desquels elle tire des biopsies. Certains phoques sont faciles à capturer, on leur dit monte dans le bateau et ils écoutent ! J'exagère, mais c'est pour contraster avec les phoques annelés qui sont beaucoup plus futés et durs à capturer. Elle installe aussi des émetteurs sur les phoques, ce qui lui permet de suivre leurs déplacement pendant une année, jusqu'à ce qu'ils muent et que l'émetteur tombe.

Au diner, suprèmes de poulet. Au souper, spaghettini et gateau au chocolat.


jeudi 12 novembre 2009

Jour 35-Durée du jour 8h19-Côtes du Labrador

Mardi le 10 novembre 2009, Hebron

Sortie éducative aujourd'hui; on est allé à Hebron, un ancien village Inuit. Les habitants ont été relocalisé à la fin des années 50, des familles séparées, sans consultation ni préavis, par le gouvernement de Terre-Neuve. Il ne reste aujourd'hui qu'une église barricadée, des petites maisons décrépites et un poste de traite ouvert à tous les vents. Le site fait maintenant partie d'un parc et sur une plaque on peut lire les excuses du gouvernement envers la population déplacée lors de la relocalisation. L'église est en train d'être rénovée, mais il reste pas mal de travail à faire.

Au départ, la sortie était planifiée pour les étudiants de Schools on board, mais comme plusieurs scientifiques et membres de l'équipage voulaient aller se dégourdir les jambes, l'après-midi complète a été allouée à la sortie. Comme le chef scientifique n'avait pas l'air tellement intéressé à planifier la sortie, je me suis proposé pour organiser les groupes. J'ai couru comme un malade pour faire des feuilles d'inscription, inscrire les gens en groupes de 12, relayer l'information aux chef officier et au commandant qui supervisait l'opération, appeler à l'interphone les gens devant embarquer dans le prochain voyage, etc. Ça été un bordel pas pire parce qu'un groupe, composé de l'équipe logistique, s'est ajouté juste avant le départ du premier groupe et devait avoir priorité sur les autres. Il a fallu que je réorganise les groupes une dizaine de minutes avant qu'ils ne partent et que j'informe tout le monde des changements. En plus, un gars est parti avec le mauvais groupe... Bref, un beau casse-tête de logistique. Finalement, tout s'est passé dans l'ordre et on a oublié personne à Hebron !

Au menu, pâté mexicain et omelette jardinière.



mercredi 11 novembre 2009

Jour 34-Durée du jour 8h07-Fjord Saglek

Lundi le 9 novembre 2009, Fjord Saglek

Journée relativement tranquille. J'ai fait trois rosettes, passé une heure au gym, et fait une sieste. Dans l'après-midi, j'ai commencé à écouter Gi-Joe, mais après une heure, j'ai abandonné... trop prévisible. J'ai emprunté la guitare à Jérôme et joué un peu dans le salon des officiers, la seule place à peu près tranquille du bateau.

Il y a eu un exercice d'évacuation pendant la matinée ou les marins ont sorti les canots de sauvetage et sont allé faire un tour dans le fjord pour s'assurer du bon fonctionnement de l'équipement.

Tout le monde râle un peu parce que les horaires du nouveau chef scientifique sont écrits trop petits et sont difficiles à lire. Heureusement que les matelots et les officiers ont de l'expérience et que la gang du premier leg est encore là, sinon ça serait le bordel.

Un autre piston core aujourd'hui. Apparemment, avec une carotte de ce type, on peut remonter 3000 ans dans le passé du fjord ! Pas mal pour une carotte de bouette.



mardi 10 novembre 2009

Jour 33-Durée du jour 8h11-Fjord Saglek

Dimanche le 8 novembre 2009, Fjord de Nachvak

Nous sommes arrivés pendant la nuit dans le Fjord de Nachvak. Je me lève à 4h10 pour aller faire la rosette mais il y a encore des problèmes avec le CTD. Ayant passablement mal dormi (je ne suis pas le seul, Maxime, mon nouveau coloc, s'est levé à 2h pour faire des filets), la tentation de retourner me coucher est forte, mais je décide de profiter de la vue sur l'embouchure du fjord. La combinaison des vagues et du froid fait en sorte qu'une couche d'environ un pouce de glace recouvre tout l'avant du navire. Tous les cordages, chaines, grues, câbles sont recouverts d'une gaine de glace. Je vais donc me chercher un casque, un maillet et une pelle et me met à déglacer l'avant du navire pendant que les opérations de box coring (échantillonage des sédiments) ont lieu. La glace est pesante et c'est un boulot assez physique. Après une quarantaine de minutes, Pascal passe me voir pour me dire que la rosette est réparée. Je mets tout en place, on fait la rosette et je retourne pelleter de la slush de 6h30 jusqu'au déjeuner; pas besoin de passer au gym aujourd'hui !

Je ne pensais jamais dire ça, mais je suis écoeuré de mettre le même linge. Les mêmes trois chemises, les mêmes 5 t-shirts, les mêmes quatre pantalons... y en a marre. Fin de la frustration.

Pendant l'après-midi, j'invite deux étudiants à assister au déploiement de la rosette. Rosalie, de Québec et Rory, de je ne sais pas ou, m'aident à préparer la rosette, et Rosalie prend ma place comme opérateur de rosette. Elle trouve très cool de parler dans le radio et de commander l'ouverture des bouteilles. En plus, on refait la rosette deux fois parce que j'ai oublié d'enlever la seringue d'eau douce sur l'entrée d'eau de la pompe... ça devait arriver, et ça arrive bien sur quand il y a plein de monde autour. Heureusement, on avait un peu de temps de lousse et il n'y a pas de conséquences facheuses.

Dans l'après-midi, c'est le premier déploiement du "piston core", un immense carottier de neuf mètres de long. Ça semble passablement compliqué de le mettre à l'eau et les gars passent le meilleur de la journée à zigonner là-dessus. Il finissent par y arriver et récoltent une carotte de sédiments de 8 m. Comme dirait le chef officier: un autre succès de la garde côtière !

C'est dimanche, soir de vin et d'habits propres. Je n'achète pas de bouteille parce que 1. je suis complètement crevé, et 2. j'ai une rosette à 8h. Entrée de saumon fumé, assiette de rosbif avec patates grelots, fromages et deux desserts: tarte au fudge et tarte pommes et canneberges. Ça fait du bien par ou ça passe.




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Je vous laisse le lien du blog de Grande Dame qui raconte une anecdote comique sur l'influence des femmes dans la vie des hommes de carrière. Allez le lire, vous verrez, c'est drôle et inspirant !

lundi 9 novembre 2009

Jour 32-Durée du jour 8h16-Fjord Saglek

Vendredi le 6 novembre 2009, Iqaluit

C'est le jour du changement d'équipage. Environ 25 membres de l'équipe scientifique partent en hélico en groupes de 4 vers Iqaluit. Nous sommes une dizaine de l'équipe scientifique qui restons jusqu'à Québec. Le personnel du bateau reste au complet, à l'exception d'une steward. On passe la majeure partie de l'avant-midi dans le hangar de l'hélico à faire nos adieux à ceux qui partent. Le repas du midi est bien tranquille et on a un peu l'impression d'être sur un bateau fantôme.

Les nouveaux membres de l'équipe scientifique arrivent dans l'après-midi avec leur bagages et du ravitaillement que l'officier logistique est allé acheter à Iqaluit: bananes, raisins, pamplemousses, oranges, tomates, champignons, biscuits secs, poisson, laitue. Parmi les nouveaux, il y a le groupe "Schools on Board". Ce sont des jeunes de secondaire 5 du labrador, Nunavut et du reste du Canada qui viennent passer deux semaines à s'initier à la science sur le bateau.

En soirée, on rencontre Sam, le nouveau chef de mission scientifique. Il s'intéresse principalement aux sédiments qui s'accumulent dans les fjords vers lesquels nous nous dirigeons maintenant. Les nouveaux sont passablement fatigués de leur voyage et la réunion d'introduction est brève. Il n'aura pas la tâche facile, car nos attentes sont élevés envers le chef de mission, dont la tâche est de coordonner toutes les activités scientifiques, de concert avec le commandant. Keith, le précédent chef de mission, avait relevé le défi avec brio, malgré toutes les embûches (pour ne pas dire emmerdes).

Samedi le 7 novembre 2009, Détroit d'Hudson

On quitte l'île de Baffin pour se diriger vers la côte du Labrador. En route, on doit faire trois stations dans le détroit d'Hudson. Ce sont les premières stations que l'on fait depuis maintenant six jours et tout le monde a hâte de se remettre au travail. De plus, il faut beau soleil et presque chaud. Malheureusement, la nature ne coopère pas plus qu'il faut. Il vente passablement et les vagues sont très hautes. La rosette se fait brasser pas mal. Ça empire pour la deuxième station, ou elle se met à swinger dangeureusement et finit par heurter le navire. Une fois dans l'eau, le courant la fait aller vers l'arrière du navire à toute allure. Le cable, normalement vertical, fait maintenant un angle de 70 degrés ! On la remonte doucement, le commandant prend les commandes du navire et on recommence. À mi-chemin de la remontée de la rosette, on perd la communication. Il faut annuler le cast et remonter la rosette, bredouille. Pascal et Vincent, les techniciens, se mettent au boulot pour trouver la cause du problème. Ils y passeront toute le nuit, et les autres stations du détroit sont annulées.

Pendant le transit, on goûte à la médecine du Labrador. Des bonnes vagues font tanguer le navire et le "spray" monte jusqu'aux fenêtres de la timonerie. Les jeunes de Schools on Board ont la mine pâle et tous sauf deux ont le mal de mer. De mon côté, je me porte à merveille. J'ai bien mangé, suis reposé, et le mal de mer n'a pas d'emprise sur moi. Victoire !

Au menu, côtes levées avec frites, que j'accompagne de deux salades. Je me méfie du ketchup car des petits comiques ont mis du tabasco dans certaines bouteilles. Des salières ont aussi été remplies de sucre... Et on voudrait que les jeunes prennent exemple sur nous ? Non mais sans blague.

Soirée bar assez tranquille car les nouveaux semblent encore un peu secoués par la vague, et bien sur, les jeunes ne sont pas autorisés à venir au bar. Je prend ça molo, sachant que mon dimanche commencera à 4h, et ne sachant pas quand il se terminera...


dimanche 8 novembre 2009

Jour 31-Durée du jour 8h03-Au large des côtes du Labrador

Jeudi le 5 novembre 2009, Iqaluit

Matinée magnifique dans Frobisher Bay. Le soleil éclaire les falaises Ouest de la baie. Les photographes s'en donnent à coeur joie, ainsi que ceux qui ont la chance de voir le paysage à partir de l'hélicoptère. Pendant l'après-midi, Oliver peut enfin mettre son catamaran à l'eau pour échantillonner la micro-couche. Après quatre semaines d'essais avortés, ça doit être un réconfort de pouvoir enfin tester son appareil.

Dernière journée pour ceux qui partent demain à Iqaluit. Joannie et Mélanie terminent les préparatifs pour le gala. Les mécanos offrent leur aide pour fabriquer les trophés qui récompenseront les gagnants (certains sont en métal !) Pendant la soirée, Jean-Jacques présente un diaporama de ses meilleurs photos, suivi d'un vidéo filmé et monté par Maeva, qui décrit la vie et le travail sur le bateau. Les deux présentations sont belles et émouvantes. Vient ensuite la remise des prix citrons, et malheureusement, ou heureusement, je n'ai rien gagné ! Le bar est plein à craquer et il y a même des ailes de poulet ! Selon Patrice, qui ce soir a le rôle de barman, c'est le plus gros party qu'il ait vu sur l'Amundsen.





vendredi 6 novembre 2009

Jour 29-Iqaluit-Durée du jour 7h32

L'Amundsen est à Iqaluit. Comme je n'ai pas reçu de nouvelles de David, je vous propose des photos prises à Iqaluit au printemps passé alors que David y passait pour se rendre à Resolute, où il allait déployer des bouées.

Bienvenue à Iqaluit

Un aéroport ? où ça un aéroport ?

Iqaluit, capitale de la slush

Déploiement des bouées (pas à Iqaluit du tout)

À gauche, les fameuse bouées (elles n'ont de bouées que le nom)

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Nous partons au camp des Germaines pour la fin de semaine. Quatorze enfants, quatre mamans, du plaisir garanti et des microbes aussi. De retour dimanche soir, avec de nouvelles aventures !

jeudi 5 novembre 2009

Jour 28-Baie de Baffin-Durée du jour 7h45

2 au 4 novembre, Terre de Baffin

Les stations du leg 4a sont terminées et on rentre à Iqaluit pour le changement de personnel scientifique. En tout, 25 personnes débarquent et 25 embarquent: une quinzaine de jeunes du secondaire faisant partie du programme Schools on Board et une dizaine de scientifiques. Le transit vers Iqaluit prend trois jours... Trois jours donc, pour faire du ménage, du lavage, ranger les labos, finir les rapports de mission, paqueter les échantillons, échanger les photos, écouter des films et placoter. Oliver a donné une conférence lundi à propos de ses recherches sur la microcouche, et Heike mercredi sur les échanges de carbone entre la colonne d'eau et les sédiments. Lundi soir, on a écouté le film "Chat noir, chat blanc" d'Émir Kusturica. C'était la
deuxième fois que je le voyais, et quel bon film. En tout cas, le meilleur film en yougoslave que je connaisse ! Il y a eu d'autres projections mardi et mercredi, mais elles ont commencé à 24h... Je
suis trop vieux pour ça ! Une soirée bar a été exceptionnellement ajoutée mercredi soir. À part de ça, Joannie et Mélanie s'activent pour préparer le gala des prix citrons de jeudi soir. Il faut d'ailleurs que je me fasse une cravate pour l'occasion. Je n'en n'avais pas paqueté; quel étourdi je fais...

Côté photos, on a eu droit à quelques vues maginfiques sur la côte de la terre de Baffin les rares heures ou ce n'était pas nuageux. C'est vraiment un paysage magnifique, avec des caps enneigés, des falaises vertigineuses et des arrêtes qui ont l'air coupantes tellement elles sont minces. Michel a vu des narvals mardi matin, mais je les ai manqué.

Comme Bruno débarque à Iqaluit, Maxime va prendre sa place dans la cabine. Je suis bien tombé, c'est un gars de l'Abitibi et on s'entend bien.





mercredi 4 novembre 2009

Jour 27-Baie de Baffin-Durée du jour 7h57

L'Amundsen navigue rapidement vers Iqualuit. Je crois que les évènements dignes de mention se font rares sur le bateau.

Ici, à Montréal, c'est le temps qui se fait plutôt rare. Alors disons qu'aujourd'hui, on prend congé !

mardi 3 novembre 2009

Jour 26-Baie de Baffin-Durée du jour 6h29

Je ne sais pas pour vous, mais moi je suis très déçue de ne pas avoir eu l'occasion d'écrire en titre de message : "durée du jour 0h00." Je crois que je vais demander à David s'il n'y aurait pas moyen de remonter un peu au nord, question de nous donner satisfaction.

Mes états d'âmes sont passés, voici les nouvelles du jour (ben, de dimanche, m'enfin, vous comprenez).

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1 novembre 2009, Scott Inlet

Une seule rosette de la journée, donc pas grand chose au menu. Je me suis levé relativement tard suite au party d'Halloween, et comme on a avancé d'une heure pour se conformer à l'heure de Québec, ça vite été l'heure du diner. On a placotté pas mal, j'ai travaillé un peu, suis passé au gym puis j'ai fait la rosette. Au souper, brochettes de pétoncles et crevettes sur riz et riz sauvage, précédées d'une entrée de fondues parmesan et suivie d'une tarte aux poires. En plus, trois matelots se sont habillés chic pour faire le service aux tables. Ils remettaient une fleur aux dames, les accompagnaient à une table et commandaient l'entrée, pendant qu'un des trois jouait de la mandoline. Bref, ils ont sorti le grand jeu. Inutile de préciser que le service était réservé aux dames, et que les barbus se faisaient royalement ignorer... Clairement, dans le domaine du charme et de la séduction, les matelots ont une expérience et un savoir-faire considérable...

lundi 2 novembre 2009

Jour 25-Baie de Baffin-Durée du jour 5h34

Internet est de retour sur l'Amundsen. Je vous publie en vrac les journées qu'on a manquées et que David vient de m'envoyer. Ça fait beaucoup de lecture, allez vous faire une p'tite tisane.

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Dimanche 25 octobre, Baie de Baffin

Lever à 6h pour relever Dominique. Il y a foule dans la salle de contrôle; les techniciens de Laval sont en train de réparer la rosette qui a pétée quelques minutes après être entrée à l'eau. Je retourne me coucher en attendant la prochaine rosette, qui finalement, sera elle aussi annulée pour un autre bris de rosette. Je finis par me balader toute la journée avec un C.B. dans ma poche arrière, attendant que la rosette soit réparée pour pouvoir la mettre à l'eau.

Les techniciens Luc et Pascal finissent par identifier le problème: c'est le cable du CTD qui fait défaut, plus particulièrement, la fiche qui se plug dans le CTD. Pour la remplacer, il faut refaire l'épissure du cable. C'est à dire que le cable qui tient la rosette est composé d'une gaine en acier et d'un coeur contenant trois fils électriques. Il faut connecter deux de ces trois fils au cable du CTD. Comme la connection passe pas mal de temps dans l'eau salée, il faut prendre
pas mal de précautions. On dégaine donc la partie en acier, dénude les fils électriques et les soudent avec les fils correspondant du cable CTD. Ensuite, on met du "heat shrink tubing" autour de chaque soudure, puis finalement, on coule une sorte de polymère dans un moule qui
contient la connection. Le polymère vient dans un sac qui contient deux poches. On romp la barrière entre les deux poches, on mélange les liquides des deux sections et on verse dans le moule. Après une demie-heure, le polymère est solide et la connection complètement
isolée.

Au menu du midi, lentilles et petites patates. Au souper du dimanche, que je rate à cause de la rosette qui a finalement lieu vers 17h30, pâté aux escargots, filet mignon et gratin. Pour dessert, gateau au fromage. Une assiette est réservée à mon nom, mais c'est quand même un
peu plate de manger après tout le monde. Je fais connaissance avec un soudeur, David, pour qui c'est le deuxième leg sur l'Amundsen. Avant de travailler sur le bateau, il a eu un restaurant Thailandais en Australie pendant cinq ans ! Après le souper, il donne un coup de main
aux steward pour ramasser, vider le lave-vaisselle et placer les assiettes. J'ai l'impression que la job de restaurant lui rappelle des souvenirs.

Après souper, après la troisième rosette de la soirée, je goute au hareng fumé de Roger en buvant un verre de vin. Drôle de mélange, mais je suis assez fatigué pour ne pas m'en faire avec ça.


Lundi 26 octobre, Baie de Baffin

On a vu pas mal d'icebergs pendant la journée, dont un suffisamment gros et proche pour mériter un All Call, ce qui a aussi servi à me sortir du lit. D'ordinaire, l'officier de quart marque les icebergs sur le radar et essaye dans la mesure du possible de les éviter. Je ne sais pas trop pourquoi on est passé si proche de celui-ci.

Côté repas, on a eu droit à un menu asiatique aujourd'hui: vermicelles de riz, legumes sautés, côtes-levées, egg-rolls, chow-mein et pour dessert, croustade aux pêches.

Durant l'après-midi, Jean-Jacques nous a fait une courte conférence sur le traitement d'images. Il suggère de prendre les photos en format RAW, puis de les passer dans Photoshop pour ajuster l'exposition, les constrates, la netteté, la luminosité, etc. Je dois dire qu'il y a effectivement moyen d'améliorer considérablement une image, surtout ici ou la lumière et les couleurs sont des denrées rares.

J'ai perdu deux parties de dards contre Nina, une allemande de 6'4. J'ai l'impression qu'elle se pratique en cachette, parce que je l'avais battu il n'y a pas si longtemps. J'ai des croûtes à manger, ce qui tombe bien parce que j'ai aussi du temps à tuer.

J'ai réussi à écouter la première et la troisième période de la partie des Canadiens contre les Islanders, avant et après une rosette. Ça risque d'être la dernière pour un petit bout car à cette latitude, on perd la connection satellite, et internet du même coup. Dans le même
ordre d'idée, il n'y a plus de bananes à bord ! Tout le monde s'entend pour dire que c'est une grosse perte.


Mardi le 27 octobre 2009, Baie de Baffin

Deuxième jour sans internet... tout le monde semble agacé par le fait qu'on ait perdu une partie du contact avec la civilisation. La télé fonctionne encore, ce qui n'est déjà pas si pire; on peut au moins écouter les nouvelles et constater l'énervement autour de la vaccination.

Joli lever de soleil ce matin, et un bon gros iceberg sur le chemin. On fait maintenant un transect vers l'est de la Baie de Baffin. On s'arrête à tous les 6 miles nautiques pour faire des CTD et/ou
rosettes, box cores, lancer des filets, etc. On croise des glaces épaisses de temps en temps qui secouent le navire, mais en général la progression est relativement constante et ça devrait aller en s'améliorant à mesure qu'on va vers l'Est. Un fois le transect terminé, on redescendra vers le Sud et la connection internet devrait revenir.

Au diner, feuilleté aux épinards et choux de bruxelles. Au souper, lasagne et choux-fleurs. Pour dessert, gâteau blanc aux bleuets. Le chef me regarde avec des yeux questionneurs quand je me pointe au comptoir pour la deuxième fois. On dirait qu'il pense que je lui joue un tour, mais non, j'ai juste FAIM.

Joannie et Mélanie sont en train d'organiser un gala des prix citrons. Tout le monde a reçu un questionnaire avec des questions telles que: Qui est le plus gaffeur ? Qui est le plus cruiseur ? Le plus coquet ? etc. Bruno et moi, on a un peu l'impression de faire un retour au secondaire... mais bon, n'importe quoi pour varier l'ordinaire est le bienvenu. L'ennui est un virus qui se propage vite et tous les vaccins sont bons.


Mercredi le 28 octobre 2009, Baie de Baffin

On est maintenant à la moitiée du transect de la baie de Baffin, débuté près de l'île d'Ellesmere et s'approchant des côtes du Groenland. On ne voit pas encore les dites côtes, mais il se peut qu'on les voie demain. La connection internet devrait aussi revenir demain en soirée lorsqu'on fera route vers le sud après la dernière station.

Il faut savoir que faire un transect, c'est particulièrement intense. Les stations sont à environ 6 miles nautiques les unes des autres, ce qui signifie qu'on a typiquement une demi-heure de transit. Les opérations sont donc collées les unes sur les autres et on n'a pas trop le temps de chômer. J'ai fait cinq rosettes aujourd'hui, de 7h à 22h. Pour les équipes qui analysent l'eau des rosettes, ça fait également beaucoup de boulot et les traits de plusieurs sont tirés. Le niveau de déconnage augmente aussi sensiblement.

Au menu du diner, patates grelots, betteraves et pâté. Au souper, saucisses de lapin et pâté de saumon. Je dois dire que malgré que ça ait l'air impressionnant, l'avis général était plutôt négatif sur la bouffe. Le pâté au saumon était recouvert d'une sauce franchement louche, et les saucisses ne goutaient pas grand-chose. Les discussions sur ce que les gens vont manger en descendant du bateau vont bon train. Ceci dit, ce n'est pas évident de satisfaire les goûts de 80 personnes avec des background passablement différents.

Sur le mode positif, un gros iceberg, mais vraiment très gros. Encore une fois, du blanc sur fond gris, mais bon, comme le soleil se couche vers 1h30, on ne peut pas être trop difficile sur les conditions photographiques.

Aussi, en lavant le caroussel de la rosette à l'eau très chaude (une suggestion de Steve, un technicien de Laval), j'ai finalement réussi à faire fermer toutes les bouteilles. Ça devenait compliqué de remonter de l'eau pour tout le monde en tenant compte de la possibilité que
certaines ne ferment pas correctement. Le métier commence à rentrer.


Jeudi le 29 octobre 2009, Baie de Baffin

On finit aujourd'hui la dernière station du transect. On retourne ensuite un peu plus au sud puis vers Scott Inlet, et tout le monde espère pouvoir enfin se connecter à l'internet.

Kevin annonce qu'à force de travailler sur le bateau, il a de la corne sur les mains et entend mal. Un commentaire qui, bien entendu, prête à toutes sortes de blagues... En fait, les blagues à connotations sexuelles prennent de plus en plus place dans les conversations; on sent que ces trois semaines d'abstinence commencent à faire leur effet !
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David ! y'a des matantes qui lisent le blog là ! (Faut bien que je fasse ma job d'éditrice !)
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Les bar men ce soir devaient être le capitaine et le chef de mission mais ils ont remis ça à demain parce qu'il y avait encore trop de boulot ce soir. Il y aura donc trois soirées bar de suite ! Je ne pense pas pouvoir tenir le rythme... j'ai plus 20 ans !

Pour chaque soirée bar, il y a un drink officiel. Il y a eu le bloody mary, la marguerita et ce soir c'est le kamikaze, un mélange de vodka, triple sec et jus de lime. Il faut aussi savoir qu'il y a une quantité de bière finie. Par exemple, un soir il peut y avoir 8 Grolch, 6 Guiness, quelques Sleeman et le reste est composé de Bleue, Molson Dry et Budweiser. Une fois que la dernière Guiness est bue, il faut passer à autre chose ou aller se coucher. J'imagine que c'est une manière de varier l'ordinaire.


Vendredi le 30 octobre 2009, Baie de Baffin

On est maintenant à la station 136, l'avant-dernière avant Iqaluit. Le fond est à 800 m, et évidemment, ça prend plus de temps pour descendre la rosette. Si c'est ennuyant pour l'opérateur de la rosette, c'est carrément pénible pour les gars qui sont dehors car les vents sont
forts et il fait froid en batinsse. On a entendu le vent siffler toute la journée et ça ne semble pas vouloir lâcher. Le drain est, évidemment, constamment bouché et il y a de l'eau qui s'accumule
autour du shack de la rosette. Heureusement que la glace d'eau salée est moins solide que la glace d'eau fraîche car il y aurait une belle patinoire sur le bateau...

Salade de macaroni au diner, et filets d'aiglefin accompagnés de riz (enfin), de panais et d'un hachard de légumes au souper, sans oublier les patates pilées. Mais bon, on en vient à considérer les patates pilées au même titre que la peinture sur les murs...

Pour la première fois aujourd'hui, j'ai réussi à courir à plus de 15km/h sur le tapis roulant ! Je ne pense pas avoir fait plus de 2km à cette vitesse, mais c'est un début. J'espère bien pouvoir faire un 5km en moins de 20 minutes d'ici la fin du leg. J'ai apparemment aussi pris du poids ! Selon la balance, j'en serais à 178 lbs; notez que la balance étant dans un corridor, je suis resté habillé...

Pendant l'après-midi, le capitaine a annoncé sur le All Call la soirée bar extraordinaire, ou sera servi un drink spécial: la fusée russe !


Samedi le 31 octobre 2009, Scott Inlet, Terre de Baffin

Journée de préparatifs pour le party d'Halloween de ce soir. Tout le monde semble être dans sa chambre à préparer son constume; le bateau a l'air désert. Ma première idée était de me déguiser en vers marin, mais après quelques essais, je me rends bien compte que je ne réussirai pas à faire un casque de vers qui soit suffisamment ressemblant. Je décide de passer au plan B, et accompagne Bruno dans le thème de l'extraterrestre. Je réutilise la chapeau de cowboy que
j'avais fait pour la soirée Western et le modifie en l'allongeant et en le couvrant du papier bulle aluminisé. Le dessus du chapeau est ouvert, et je met des gants en latex connecté à des tubes de plastique qui me permettent de gonfler les gants ! Pour l'habillement, je mets mes combines de ski de fond, une couche en papier bulle aluminisé et colle un gros V en aluminium sur le torse. La couche n'est pas très bien ajustée et quelques personnes me signalent que je devrais peut-être aller la vider ! Heureusement, le chapeau gonflable récolte pas mal de succès ! En somme, très belle soirée qui finit évidemment à la cafétéria à manger les restes de tortillas au boeuf du souper.
Apparemment, à la fin du bar, il ne restait aucune bière dans le frigo !

dimanche 1 novembre 2009

Jour 24-Montréal-Durée du jour 10h07

Sur notre rue, l'Halloween, c'est du sérieux. Beaucoup de bonbons et beaucoup d'enfants.

On s'en va chercher des bonbons

Mon costume de Germaine
(Je n'ai vraiment pas d'orgueil de mettre une photo pareille sur internet)

Élise a beaucoup apprécié donner des bonbons

Après la tournée, un bon souper

samedi 31 octobre 2009

Jour 23-Baie de Baffin-Durée du jour 4h58

Devinez qui a appellé hier pour nous dire qu'il était encore vivant et qu'internet ne fonctionnait pas parce que le bateau est trop au nord. Allez, devinez !

La communication devrait être rétablie d'ici 2 jours.

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Conversation avec un scientifique:

Germaine inc.: Dis-moi David, il est qu'elle heure sur le bateau ?

David : Il est deux heures de moins qu'à Québec. Le 1er novembre, on reviendra à la même heure que vous.

Germaine inc.: Ah ok.

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Je vole une photo de la cafétéria de l'Amundsen au Toronto Star pour vous faire patienter. Je suis certaine qu'ils ne m'en voudront pas.


J'aime bien le look des années '80. L'homme avec le chandail brun est Peter Calamai, journaliste du Toronto Star qui a tenu un blog alors qu'il était sur l'Amundsen en mars 2008.

vendredi 30 octobre 2009

Jour 22-Baie de Baffin-Durée du jour 4h07

Quand on navigue sur internet et qu'on tombe sur des sites faisant la promotion d'un protecteur de banane, d'un manche à papier de toilette ou d'un lanceur électrique d'avions en papier. On se dit: "Y savent pu quoi inventer."

Ben moi, je suis vraiment contente de savoir qu'un gars quelquepart savait tellement plus quoi inventer qu'il a parti un site de suivi des bateaux en mer. Comme ça, maintenant, je sais exactement où est rendu l'Amundsen et mon chum qui est dessus.

Position de l'Amundsen
(à droite de l'image c'est le Groenland, le vrai Groenland !)
Source: sailwx.info

Le site donne la position du bateau d'heure en heure ainsi que des données météorologiques. C'est presque trop d'information !

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Converstations avec un scientifique:

Germaine inc.: Dis-moi, David, ça parle quelle langue sur le bateau ?

David: On parle a moitié francais, moitié anglais. Dans l'équipe
scientifique, il y a un peu plus de francophones que d'anglo. Dans
l'équipage, tout le monde parle francais, meme si certains sont
d'ailleurs: un grec, un cubain.

Germaine inc.: Ah, ok.

jeudi 29 octobre 2009

Jour 21-Baie de Baffin-Durée du jour 2h59

The sailor's wife par Riedel


Quand je suis tannée de m'écrire des lettre d'amour à moi-même, je pense aux femmes de marin. Les vraies là. Celles de l'ancien temps. Celles qui voyaient partir leur mari dans un bateau de la marine marchande ou à la guerre, en se demandant s'il allait revenir un jour. Celles qui enfantait et élevaient leur progéniture seules sans jamais avoir de nouvelles de leur homme.
Ce n'était certainement pas le calvaire tous les jours, elles avaient l'habitude. Mais quand même, ça leur faisait une drôle de vie.

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Pas de nouvelles de David. Cependant, j'ai trouvé, sur le site de la Garde Cotière Canadienne, un rapport d'activité des navires qui semble mis à jour régulièrement. Dans ce rapport, on apprend que l'Amundsen est actuellement dans la Mer de Baffin, les coordonées géographiques exactes sont fournies. La carte à droite du blog ainsi que la durée du jour sont donc "à jour."

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Pour vous faire patienter avant d'avoir de vraies nouvelles, je vous offre une nouvelle chronique intitulée "Conversations avec un scientifique". J'utiliserai donc des anecdotes et des réponses que David m'avait envoyé, mais que je n'avais pas publiées. Les plus perspicaces d'entre vous se seront rendu compte que ma nouvelle chronique sera un rammassis de vieille information remâchée. Si la grève internet dure trop longtemps, j'inventerai des conversations. J'suis ben capable !

(merci à ma mamie qui a posé la question par mon intermédiaire)

Germaine inc.: Mais David, dis-moi, le ciel doit-être magnifique dans le nord sans toute la pollution lumineuse.

David : C'est très nuageux l'arctique, donc rien de vraiment impressionnant. J'ai vu Orion, les Pléiades et la Voie Lactée, mais rien de transcendant.

Germaine inc.: Ah, ok.

mercredi 28 octobre 2009

Jour 20-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h04

Certains lecteurs ont fait savoir, par le biais des commentaires, leurs doutes quant à l'authenticité des messages que David envoie chaque jour. Ils vont jusqu'à avancer que je pourrais avoir modifié ces messages pour qu'ils soient plus consistants. Septiques, septiques, vous serez confondus !

Afin de mettre fin à cette paranoïa de la conspiration, voici de quoi auraient l'air les lettres de David, si c'est vraiment moi qui les écrivaient:

Chère Germaine,
(Toutes les lettres me seraient adressées, d'ailleurs j'aurais certainement changé le nom du blog pour "Chère Germaine inc.", ça aurait été tellement romantique.)

Déjà, le 21e jour de mission tire à sa fin. Je suis surpris de constater comment le temps peut sembler si long et si court à la fois. Trois longues semaines depuis que je t'ai quitté, mais seulement trois semaines avant de te revoir enfin.

Nous voguons à présent dans le Détroit de Lancaster. Quel endroit magnifique ! Les falaises qui bordent le détroit sont majestueuses, baignées dans la lumière d'un crépuscule qui semble ne jamais vouloir finir. J'aime passer quelques instants sur le pont à m'imprégner de cette nature aride mais aussi tellement généreuse. Ces moments de repos sont précieux et j'aimerais beaucoup pouvoir les partager avec toi.

Le travail a commencé de bonne heure ce matin alors que nous avions une rosette à faire à 7h00. Le levé a été moins difficile que prévu puisqu'on nous a annoncé au radio qu'un petit troupeau de bélugas accompagnait le bateau depuis quelques minutes. Tu diras aux filles que j'ai vu un bébé béluga avec sa maman, il nageait très proche de nous, en passant parfois sous les glaces qui parsemaient son parcours.

Plus tard dans la journée, je suis allé aider un collègue à installer ses bouées sur la glace. Alors que nous terminions notre travail, un ours polaire s'est approché de nous. J'étais à la fois fasciné et effrayé de voir cette immense bête d'aussi près. L'ours avançait rapidement et s'est attaqué à mon collègue. Par chance, j'avais mon couteau avec moi et j'ai pu tuer l'ours avant qu'il ne le blesse. J'aurais voulu t'offrir la peau de l'ours, mais malheureusement la carcasse ne rentrait pas dans l'hélicoptère. J'ai cependant réussi à extraire une dent que je garde précieusement pour toi.

Après une bonne journée de travail, le souper était plus que bienvenu. J'ai mangé deux assiettes de lasagne et de la tarte aux pommes. C'était bon, mais ce n'était qu'une pâle imitation des repas que tu me prépares avec tant d'amour.

J'espère que tu te portes bien, embrasse les enfants de ma part. J'ai bien hâte de pouvoir le faire en personne. Je pense à toi à chaque minute qui passe.

Tendrement,

David

J'en ai peut-être un peu trop mis, surtout l'histoire de compter les jours, ppfffffff, c'est vraiment exagéré.

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Pas de nouvelles de David depuis dimanche soir. Je suspecte très sérieusement un problème de connection internet sur le bateau. Surtout que mes autres sources d'information provenant de l'Amundsen sont également taries. Je vous tiendrai informés, promis juré !

mardi 27 octobre 2009

Jour 19-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h20

Le Gjoa

Puisque David est plutôt avare de sa prose depuis quelques jours, je vais vous (me) désennuyer en vous expliquant pourquoi (d'après moi) Roald Amundsen mérite amplement d'avoir donné son nom à un brise-glace (et à une mer, et à un golfe, et à un glacier, et à .....)

Roald Amundsen est un explorateur norvégien né en 1872. Il est surtout connu pour avoir été le chef de la première expédition ayant atteint le pôle Sud. Son compétiteur est arrivé un mois plus tard et est mort, ainsi que ses quatres coéquipiers, sur le chemin du retour.

De plus, et c'est ce qui nous intéresse, Roald Amundsen a été le premier explorateur à traverser, en bateau, le passage du Nord-Ouest qui relie l'océan Pacifique et l'océan Atlantique en empruntant l'archipel Arctique canadien.

Il a parcouru le passage du Nord-Ouest de 1903 à 1905 (durant 903 jours !) sur le Gjoa, un voilier de 47 tonnes, accompagné d'un équipage de 6 personnes !

Ayant traversé le passage du Nord-Ouest d'est en ouest, Roald Amundsen a terminé son voyage près de la côte du Yukon à la fin de l'été 1905. Il a ensuite parcouru 800 km en ski pour se rendre au poste télégraphique le plus proche et annoncer le succès de son expédition. Il retrouva le Gjoa et son équipage en mars 1906 et atteingnit l'Alaska au mois d'août 1906. J'espère que sa femme n'était pas trop pressée de le revoir !

À titre comparatif, l'Amundsen est un navire de 6000 tonnes qui parcourra le passage du Nord-ouest en 43 jours (si tout va bien) avec 83 personnes à bord.

Je vous laisse le lien de la page wikipedia de Roald Amundsen qui a inspiré ce billet et qui vous donnera une foule de détails sur les exploits de Roald.

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Je sais que, comme moi, vous comptez les jours avant le retour de David, il me fait donc plaisir de vous annoncer que demain nous aurons franchi le cap des 21 jours, c'est à dire exactement la moitié de la mission ! Yé !

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Pour rire un peu, je vous laisse la description que David a fait de sa journée de dimanche.

Rosette qui fuck, standy toute la journée avec le radio dans la poche. lentilles et patates, filet mignon de boeuf avec escargots gratin gateau au fromage, vin hareng fumé, 3 rosettes en soirée. encore d'autres icebergs

Y'a pas à dire, on a su l'essentiel !

lundi 26 octobre 2009

Jour 18-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h35

Vendredi le 23 octobre 2009

À mon réveil, l'Amundsen et le Louis sont côte à côte et les membres d'équipage ammarent les deux bateaux ensemble pour procéder au "refuelage" de l'Amundsen. On se trouve dans Radstock Bay, au sud de l'île de Devon. La vue sur les parois abruptes de la baie est magnifique et pour beaucoup, la vue fait penser à un Far West américain après un refroidissement climatique ! Les "photographes" sont sur le pont, attendant le lever du soleil pour profiter d'une lumière se faisant de plus en plus rare. Pour me faire saliver un peu, Jean-Jacques me prête un objectif énorme que j'installe sur ma caméra. Ça n'a rien à voir avec celui que j'ai ! Mais bon, le prix non plus n'a rien à voir... c'est quand même intéressant d'essayer du matériel de pro.

Une passerelle est installée entre l'Amundsen et le Louis et on nous offre une visite guidée du navire. C'est un cadet officier, Ryan, qui nous fait visiter le bateau. Contruit en 1969, le Louis est plus vieux et plus gros que l'Amundsen. À sa construction, c'était un bateau à vapeur, mais il est maintenant propulsé par des moteurs diesels. L'intérieur du navire fait très industriel; alors que les murs de l'Amundsen sont en imitation de bois, ceux du Louis sont en métal peint en blanc. Par contre, tous les espaces sont plus grand: le salon compte un piano, il y a quatre salles à manger, des labos scientifiques, la salle de gym est énorme et l'atelier du charpentier n'a rien à envier à ceux que l'on trouve à terre. La seule chose qui est plus petite, c'est le frigo à dessert ! Apparemment, il ne reste plus d'alcool sur le Louis et Ryan espère que l'Amundsen pourra les ravitailler; diesel contre bière, ça me semble un échange honnête.

On revient sur l'Amundsen pour diner. Au menu, bouillabaisse. Dans l'après-midi, Steve, un technicien de Laval, demande à quelques gars un coup de main pour transporter du matériel du moon pool (une salle à l'avant du bateau avec un accès à l'eau) vers un conteneur. Le matériel en question consiste de grosses boîtes de rangement en plastique et d'une dizaine de déclencheurs pour les bouées. Il faut les monter d'un étage et ensuite les hisser vers un conteneur lui-même posé sur un autre conteneur. Comme les déclencheurs doivent peser chacun 70 livres, c'est du sport.

Dans l'après-midi, je fais un tour à la timonerie au moment ou on sort de la baie de Radstock. On croise un gros ours polaire qui semble chasser dans un trou d'eau. Au menu du souper, poutine, guedille aux oeufs, sloppy joe et hot-dogs. On fait deux rosettes en soirée, entre lesquelles Phil, le maître d'équipage, vient déglacer le drain du rosette shack. Je me dis qu'il faut vraiment qu'un drain soit bouché pour qu'on prenne le temps de mesurer l'utilité d'un bon drain qui fonctionne bien. Dans la vie de tous les jours, on tend à oublier ces petites choses là !

Sur les photos, l'embouchure de Radstock Bay, l'atelier du charpentier du Louis, les deux bateaux amarrés ensemble, la passerelle entre les deux bateaux.