dimanche 1 novembre 2009

Jour 24-Montréal-Durée du jour 10h07

Sur notre rue, l'Halloween, c'est du sérieux. Beaucoup de bonbons et beaucoup d'enfants.

On s'en va chercher des bonbons

Mon costume de Germaine
(Je n'ai vraiment pas d'orgueil de mettre une photo pareille sur internet)

Élise a beaucoup apprécié donner des bonbons

Après la tournée, un bon souper

samedi 31 octobre 2009

Jour 23-Baie de Baffin-Durée du jour 4h58

Devinez qui a appellé hier pour nous dire qu'il était encore vivant et qu'internet ne fonctionnait pas parce que le bateau est trop au nord. Allez, devinez !

La communication devrait être rétablie d'ici 2 jours.

******************
Conversation avec un scientifique:

Germaine inc.: Dis-moi David, il est qu'elle heure sur le bateau ?

David : Il est deux heures de moins qu'à Québec. Le 1er novembre, on reviendra à la même heure que vous.

Germaine inc.: Ah ok.

*******************
Je vole une photo de la cafétéria de l'Amundsen au Toronto Star pour vous faire patienter. Je suis certaine qu'ils ne m'en voudront pas.


J'aime bien le look des années '80. L'homme avec le chandail brun est Peter Calamai, journaliste du Toronto Star qui a tenu un blog alors qu'il était sur l'Amundsen en mars 2008.

vendredi 30 octobre 2009

Jour 22-Baie de Baffin-Durée du jour 4h07

Quand on navigue sur internet et qu'on tombe sur des sites faisant la promotion d'un protecteur de banane, d'un manche à papier de toilette ou d'un lanceur électrique d'avions en papier. On se dit: "Y savent pu quoi inventer."

Ben moi, je suis vraiment contente de savoir qu'un gars quelquepart savait tellement plus quoi inventer qu'il a parti un site de suivi des bateaux en mer. Comme ça, maintenant, je sais exactement où est rendu l'Amundsen et mon chum qui est dessus.

Position de l'Amundsen
(à droite de l'image c'est le Groenland, le vrai Groenland !)
Source: sailwx.info

Le site donne la position du bateau d'heure en heure ainsi que des données météorologiques. C'est presque trop d'information !

**************
Converstations avec un scientifique:

Germaine inc.: Dis-moi, David, ça parle quelle langue sur le bateau ?

David: On parle a moitié francais, moitié anglais. Dans l'équipe
scientifique, il y a un peu plus de francophones que d'anglo. Dans
l'équipage, tout le monde parle francais, meme si certains sont
d'ailleurs: un grec, un cubain.

Germaine inc.: Ah, ok.

jeudi 29 octobre 2009

Jour 21-Baie de Baffin-Durée du jour 2h59

The sailor's wife par Riedel


Quand je suis tannée de m'écrire des lettre d'amour à moi-même, je pense aux femmes de marin. Les vraies là. Celles de l'ancien temps. Celles qui voyaient partir leur mari dans un bateau de la marine marchande ou à la guerre, en se demandant s'il allait revenir un jour. Celles qui enfantait et élevaient leur progéniture seules sans jamais avoir de nouvelles de leur homme.
Ce n'était certainement pas le calvaire tous les jours, elles avaient l'habitude. Mais quand même, ça leur faisait une drôle de vie.

****************
Pas de nouvelles de David. Cependant, j'ai trouvé, sur le site de la Garde Cotière Canadienne, un rapport d'activité des navires qui semble mis à jour régulièrement. Dans ce rapport, on apprend que l'Amundsen est actuellement dans la Mer de Baffin, les coordonées géographiques exactes sont fournies. La carte à droite du blog ainsi que la durée du jour sont donc "à jour."

****************
Pour vous faire patienter avant d'avoir de vraies nouvelles, je vous offre une nouvelle chronique intitulée "Conversations avec un scientifique". J'utiliserai donc des anecdotes et des réponses que David m'avait envoyé, mais que je n'avais pas publiées. Les plus perspicaces d'entre vous se seront rendu compte que ma nouvelle chronique sera un rammassis de vieille information remâchée. Si la grève internet dure trop longtemps, j'inventerai des conversations. J'suis ben capable !

(merci à ma mamie qui a posé la question par mon intermédiaire)

Germaine inc.: Mais David, dis-moi, le ciel doit-être magnifique dans le nord sans toute la pollution lumineuse.

David : C'est très nuageux l'arctique, donc rien de vraiment impressionnant. J'ai vu Orion, les Pléiades et la Voie Lactée, mais rien de transcendant.

Germaine inc.: Ah, ok.

mercredi 28 octobre 2009

Jour 20-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h04

Certains lecteurs ont fait savoir, par le biais des commentaires, leurs doutes quant à l'authenticité des messages que David envoie chaque jour. Ils vont jusqu'à avancer que je pourrais avoir modifié ces messages pour qu'ils soient plus consistants. Septiques, septiques, vous serez confondus !

Afin de mettre fin à cette paranoïa de la conspiration, voici de quoi auraient l'air les lettres de David, si c'est vraiment moi qui les écrivaient:

Chère Germaine,
(Toutes les lettres me seraient adressées, d'ailleurs j'aurais certainement changé le nom du blog pour "Chère Germaine inc.", ça aurait été tellement romantique.)

Déjà, le 21e jour de mission tire à sa fin. Je suis surpris de constater comment le temps peut sembler si long et si court à la fois. Trois longues semaines depuis que je t'ai quitté, mais seulement trois semaines avant de te revoir enfin.

Nous voguons à présent dans le Détroit de Lancaster. Quel endroit magnifique ! Les falaises qui bordent le détroit sont majestueuses, baignées dans la lumière d'un crépuscule qui semble ne jamais vouloir finir. J'aime passer quelques instants sur le pont à m'imprégner de cette nature aride mais aussi tellement généreuse. Ces moments de repos sont précieux et j'aimerais beaucoup pouvoir les partager avec toi.

Le travail a commencé de bonne heure ce matin alors que nous avions une rosette à faire à 7h00. Le levé a été moins difficile que prévu puisqu'on nous a annoncé au radio qu'un petit troupeau de bélugas accompagnait le bateau depuis quelques minutes. Tu diras aux filles que j'ai vu un bébé béluga avec sa maman, il nageait très proche de nous, en passant parfois sous les glaces qui parsemaient son parcours.

Plus tard dans la journée, je suis allé aider un collègue à installer ses bouées sur la glace. Alors que nous terminions notre travail, un ours polaire s'est approché de nous. J'étais à la fois fasciné et effrayé de voir cette immense bête d'aussi près. L'ours avançait rapidement et s'est attaqué à mon collègue. Par chance, j'avais mon couteau avec moi et j'ai pu tuer l'ours avant qu'il ne le blesse. J'aurais voulu t'offrir la peau de l'ours, mais malheureusement la carcasse ne rentrait pas dans l'hélicoptère. J'ai cependant réussi à extraire une dent que je garde précieusement pour toi.

Après une bonne journée de travail, le souper était plus que bienvenu. J'ai mangé deux assiettes de lasagne et de la tarte aux pommes. C'était bon, mais ce n'était qu'une pâle imitation des repas que tu me prépares avec tant d'amour.

J'espère que tu te portes bien, embrasse les enfants de ma part. J'ai bien hâte de pouvoir le faire en personne. Je pense à toi à chaque minute qui passe.

Tendrement,

David

J'en ai peut-être un peu trop mis, surtout l'histoire de compter les jours, ppfffffff, c'est vraiment exagéré.

****************

Pas de nouvelles de David depuis dimanche soir. Je suspecte très sérieusement un problème de connection internet sur le bateau. Surtout que mes autres sources d'information provenant de l'Amundsen sont également taries. Je vous tiendrai informés, promis juré !

mardi 27 octobre 2009

Jour 19-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h20

Le Gjoa

Puisque David est plutôt avare de sa prose depuis quelques jours, je vais vous (me) désennuyer en vous expliquant pourquoi (d'après moi) Roald Amundsen mérite amplement d'avoir donné son nom à un brise-glace (et à une mer, et à un golfe, et à un glacier, et à .....)

Roald Amundsen est un explorateur norvégien né en 1872. Il est surtout connu pour avoir été le chef de la première expédition ayant atteint le pôle Sud. Son compétiteur est arrivé un mois plus tard et est mort, ainsi que ses quatres coéquipiers, sur le chemin du retour.

De plus, et c'est ce qui nous intéresse, Roald Amundsen a été le premier explorateur à traverser, en bateau, le passage du Nord-Ouest qui relie l'océan Pacifique et l'océan Atlantique en empruntant l'archipel Arctique canadien.

Il a parcouru le passage du Nord-Ouest de 1903 à 1905 (durant 903 jours !) sur le Gjoa, un voilier de 47 tonnes, accompagné d'un équipage de 6 personnes !

Ayant traversé le passage du Nord-Ouest d'est en ouest, Roald Amundsen a terminé son voyage près de la côte du Yukon à la fin de l'été 1905. Il a ensuite parcouru 800 km en ski pour se rendre au poste télégraphique le plus proche et annoncer le succès de son expédition. Il retrouva le Gjoa et son équipage en mars 1906 et atteingnit l'Alaska au mois d'août 1906. J'espère que sa femme n'était pas trop pressée de le revoir !

À titre comparatif, l'Amundsen est un navire de 6000 tonnes qui parcourra le passage du Nord-ouest en 43 jours (si tout va bien) avec 83 personnes à bord.

Je vous laisse le lien de la page wikipedia de Roald Amundsen qui a inspiré ce billet et qui vous donnera une foule de détails sur les exploits de Roald.

*****************
Je sais que, comme moi, vous comptez les jours avant le retour de David, il me fait donc plaisir de vous annoncer que demain nous aurons franchi le cap des 21 jours, c'est à dire exactement la moitié de la mission ! Yé !

*****************
Pour rire un peu, je vous laisse la description que David a fait de sa journée de dimanche.

Rosette qui fuck, standy toute la journée avec le radio dans la poche. lentilles et patates, filet mignon de boeuf avec escargots gratin gateau au fromage, vin hareng fumé, 3 rosettes en soirée. encore d'autres icebergs

Y'a pas à dire, on a su l'essentiel !

lundi 26 octobre 2009

Jour 18-Détroit de Lancaster-Durée du jour 5h35

Vendredi le 23 octobre 2009

À mon réveil, l'Amundsen et le Louis sont côte à côte et les membres d'équipage ammarent les deux bateaux ensemble pour procéder au "refuelage" de l'Amundsen. On se trouve dans Radstock Bay, au sud de l'île de Devon. La vue sur les parois abruptes de la baie est magnifique et pour beaucoup, la vue fait penser à un Far West américain après un refroidissement climatique ! Les "photographes" sont sur le pont, attendant le lever du soleil pour profiter d'une lumière se faisant de plus en plus rare. Pour me faire saliver un peu, Jean-Jacques me prête un objectif énorme que j'installe sur ma caméra. Ça n'a rien à voir avec celui que j'ai ! Mais bon, le prix non plus n'a rien à voir... c'est quand même intéressant d'essayer du matériel de pro.

Une passerelle est installée entre l'Amundsen et le Louis et on nous offre une visite guidée du navire. C'est un cadet officier, Ryan, qui nous fait visiter le bateau. Contruit en 1969, le Louis est plus vieux et plus gros que l'Amundsen. À sa construction, c'était un bateau à vapeur, mais il est maintenant propulsé par des moteurs diesels. L'intérieur du navire fait très industriel; alors que les murs de l'Amundsen sont en imitation de bois, ceux du Louis sont en métal peint en blanc. Par contre, tous les espaces sont plus grand: le salon compte un piano, il y a quatre salles à manger, des labos scientifiques, la salle de gym est énorme et l'atelier du charpentier n'a rien à envier à ceux que l'on trouve à terre. La seule chose qui est plus petite, c'est le frigo à dessert ! Apparemment, il ne reste plus d'alcool sur le Louis et Ryan espère que l'Amundsen pourra les ravitailler; diesel contre bière, ça me semble un échange honnête.

On revient sur l'Amundsen pour diner. Au menu, bouillabaisse. Dans l'après-midi, Steve, un technicien de Laval, demande à quelques gars un coup de main pour transporter du matériel du moon pool (une salle à l'avant du bateau avec un accès à l'eau) vers un conteneur. Le matériel en question consiste de grosses boîtes de rangement en plastique et d'une dizaine de déclencheurs pour les bouées. Il faut les monter d'un étage et ensuite les hisser vers un conteneur lui-même posé sur un autre conteneur. Comme les déclencheurs doivent peser chacun 70 livres, c'est du sport.

Dans l'après-midi, je fais un tour à la timonerie au moment ou on sort de la baie de Radstock. On croise un gros ours polaire qui semble chasser dans un trou d'eau. Au menu du souper, poutine, guedille aux oeufs, sloppy joe et hot-dogs. On fait deux rosettes en soirée, entre lesquelles Phil, le maître d'équipage, vient déglacer le drain du rosette shack. Je me dis qu'il faut vraiment qu'un drain soit bouché pour qu'on prenne le temps de mesurer l'utilité d'un bon drain qui fonctionne bien. Dans la vie de tous les jours, on tend à oublier ces petites choses là !

Sur les photos, l'embouchure de Radstock Bay, l'atelier du charpentier du Louis, les deux bateaux amarrés ensemble, la passerelle entre les deux bateaux.