C'est le jour du changement d'équipage. Environ 25 membres de l'équipe scientifique partent en hélico en groupes de 4 vers Iqaluit. Nous sommes une dizaine de l'équipe scientifique qui restons jusqu'à Québec. Le personnel du bateau reste au complet, à l'exception d'une steward. On passe la majeure partie de l'avant-midi dans le hangar de l'hélico à faire nos adieux à ceux qui partent. Le repas du midi est bien tranquille et on a un peu l'impression d'être sur un bateau fantôme.
Les nouveaux membres de l'équipe scientifique arrivent dans l'après-midi avec leur bagages et du ravitaillement que l'officier logistique est allé acheter à Iqaluit: bananes, raisins, pamplemousses, oranges, tomates, champignons, biscuits secs, poisson, laitue. Parmi les nouveaux, il y a le groupe "Schools on Board". Ce sont des jeunes de secondaire 5 du labrador, Nunavut et du reste du Canada qui viennent passer deux semaines à s'initier à la science sur le bateau.
En soirée, on rencontre Sam, le nouveau chef de mission scientifique. Il s'intéresse principalement aux sédiments qui s'accumulent dans les fjords vers lesquels nous nous dirigeons maintenant. Les nouveaux sont passablement fatigués de leur voyage et la réunion d'introduction est brève. Il n'aura pas la tâche facile, car nos attentes sont élevés envers le chef de mission, dont la tâche est de coordonner toutes les activités scientifiques, de concert avec le commandant. Keith, le précédent chef de mission, avait relevé le défi avec brio, malgré toutes les embûches (pour ne pas dire emmerdes).
Samedi le 7 novembre 2009, Détroit d'Hudson
On quitte l'île de Baffin pour se diriger vers la côte du Labrador. En route, on doit faire trois stations dans le détroit d'Hudson. Ce sont les premières stations que l'on fait depuis maintenant six jours et tout le monde a hâte de se remettre au travail. De plus, il faut beau soleil et presque chaud. Malheureusement, la nature ne coopère pas plus qu'il faut. Il vente passablement et les vagues sont très hautes. La rosette se fait brasser pas mal. Ça empire pour la deuxième station, ou elle se met à swinger dangeureusement et finit par heurter le navire. Une fois dans l'eau, le courant la fait aller vers l'arrière du navire à toute allure. Le cable, normalement vertical, fait maintenant un angle de 70 degrés ! On la remonte doucement, le commandant prend les commandes du navire et on recommence. À mi-chemin de la remontée de la rosette, on perd la communication. Il faut annuler le cast et remonter la rosette, bredouille. Pascal et Vincent, les techniciens, se mettent au boulot pour trouver la cause du problème. Ils y passeront toute le nuit, et les autres stations du détroit sont annulées.
Pendant le transit, on goûte à la médecine du Labrador. Des bonnes vagues font tanguer le navire et le "spray" monte jusqu'aux fenêtres de la timonerie. Les jeunes de Schools on Board ont la mine pâle et tous sauf deux ont le mal de mer. De mon côté, je me porte à merveille. J'ai bien mangé, suis reposé, et le mal de mer n'a pas d'emprise sur moi. Victoire !
Au menu, côtes levées avec frites, que j'accompagne de deux salades. Je me méfie du ketchup car des petits comiques ont mis du tabasco dans certaines bouteilles. Des salières ont aussi été remplies de sucre... Et on voudrait que les jeunes prennent exemple sur nous ? Non mais sans blague.
Soirée bar assez tranquille car les nouveaux semblent encore un peu secoués par la vague, et bien sur, les jeunes ne sont pas autorisés à venir au bar. Je prend ça molo, sachant que mon dimanche commencera à 4h, et ne sachant pas quand il se terminera...

La dernière photo est magnifique!
RépondreSupprimerC'est vrai, elle est apaisante. Elle donne presque le goût d'être un goéland.
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