dimanche 25 octobre 2009

Jour 17-Viscount Melville Sound-Durée du jour 5h50

Jeudi le 22 octobre 2009

Comme il n'y a rien au programme en matinée, j'en profite pour travailler un peu. On a une rosette vers midi. Comme le fond n'est pas très profond, 225 m, on peut faire la rosette en environ une demi-heure. Lorsque les rosettes ont lieu en eau plus profonde, eg. 550 m, ça peut prendre jusqu'à une heure dépendant du nombre de fois ou l'on doit s'arrêter pour échantilloner de l'eau pendant la remontée. Lors des legs précédents en mer de Beaufort, la rosette est descendue jusqu'à plus de 1000 m ! Dans ces cas, la profondeur est limitée par ce que les instruments peuvent supporter comme pression.

Pendant que je complète mes fiches de rosette, Ryan me demande si j'ai le temps de lui donner un coup de main pour déployer une autre de ses bouées. Hum, attendez un peu... Est-ce que j'ai le goût d'aller faire un tour d'hélico en rase-motte au dessus de la glace ? Bah, tant qu'à y être, pourquoi pas ! Je passe diner (2 x salade de légumineuse + 2 x dessert) et passe enfiler une combinaison communément appelé mustang. C'est un ensemble une-pièce orange, particulièrement chaud et flottant; comme le bas des pattes s'ouvre pour pouvoir être enfiler par dessus les bottes, ça donne un style "pattes d'éléphant" assez spécial.

Le déploiement de la bouée se passe bien, si ce n'est du froid intense qui complique un peu les choses. Entre autres choses, le moteur de la tarrière fait des siennes; mais bon, on ne peut pas s'attendre à ce qu'un moteur deux temps fasse des miracles par -20 celsius. Aussi, quand on perce la glace bord en bord, l'eau monte dans le trou et lorsqu'on ressort la tarrière, gèle les boulons en place...

En revenant vers le navire, on aperçoit le Louis St-Laurent qui a rejoint l'Amundsen. Le Louis ouvre la marche environ 700 m devant l'Amundsen. Michel nous fait faire un tour d'hélico autour du Louis et revient en rase-mottes à toute vitesse vers l'Amundsen. En arrivant à la hauteur du pont d'atterissage, il monte en piqué, fait un demi-tour pendant qu'on est en apesanteur, et revient se poser en douceur. Wow. Ça fait ma journée.

Ce soir, c'est au tour de Maeva de faire une conférence. Elle présente un vidéo qu'elle a monté sur la plongée du mini sous-marin de l'Amundsen. Durant la journée précédente, les caméras du sous-marin ont filmé le fond marin et ont pris une image d'un vers à la forme suggestive dont personne n'arrive à identifier l'espèce. Elle présente également une vidéo de son voyage en Antarctique.

Ce soir, fettucine, roti de porc, patates pilées et courgettes. Je prend deux assiettes de fettucine accompagnées de courgettes. Plus tard en soirée, les matelots rient un bon coup du tour qu'ils ont joué à Vincent. Lorsqu'on travaille pendant les heures de repas, on peut demander aux cuisiniers de nous mettre une assiette dans le frigo. Le frigo se remplit donc d'assiettes identifiées à leur propriétaire par un post-it. Comme Vincent était de quart, le chef d'équipage a demandé au cook de lui réserver une bonne assiette de courgettes, juste des courgettes parce que "Vincent adore ça". Il y a donc dans le frigo un gros bol à salade rempli de courgettes avec une étiquette "Vincent". Évidemment, Vincent a horreur des courgettes...

Le bateau roule à vive allure, aidé par le Louis qui ouvre la marche. On se dirige vers Radstock Bay, où l'Amundsen va "refueler" à partir des réserves du Louis. Apparemment, il n'y a pas de station service dans le coin...

Sur les photos, le déploiment de la bouée, vue de l'Amundsen à partir de l'hélico et le Louis en train de casser de la glace.








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Puisque la gestion des membres du blog devenait compliquée, j'ai décidé de le rendre publique. Ce sera plus simple d'y inviter les gens qui pourraient être intéressés à suivre les aventures de David et de la famille. Vous pouvez donc partager l'adresse de ce blog avec votre entourage.

samedi 24 octobre 2009

Jour 16-Viscount Melville Sound-Durée du jour 6h11

Mercredi le 21 octobre 2009 (Vicompte Melville)

La rosette qui devait avoir lieu hier soir a été annulée; le bateau est sérieusement pris dans la glace. J'ai passé le plus clair de la journée à la timonerie à observer les tentatives de l'équipage pour nous sortir de là. Ce qui est surprenant, c'est que la glace ne soit pas si épaisse, et qu'elle nous donne autant de misère. Le problème semble être les vents particulièrements puissants qui poussent la glace de travers. À chaque fois que le brise-glace fait une avancée, les vents poussent les blocs concassés par le bateau dans le sillage, et le passage se referme aussitôt. Le temps que le bateau recule et se donne un élan pour avancer, on dirait que les morceaux se soudent et bloquent le passage encore plus efficacement que la glace originale. Comme le vent est de travers, çà crée une pression sur le bateau qui freine sa progression. Bref, on est resté pris au même endroit de 8h du matin jusqu'à 3h de l'après-midi...
Inutile de dire que toutes les activités scientifiques ont été annulées. En fait, la situation était si difficile pendant la matinée, que le commandant a demandé une escorte du Louis St-Laurent, le plus gros brise-glace de la garde côtière ! Il est à environ 500 miles nautiques de l'Amundsen et devrait nous rejoindre demain ou après demain.

Comme tout le monde tourne un peu en rond, Keith, le chef de mission, a décidé d'organiser un programme de conférence. C'est moi qui commence ce soir; je reprends une présentation que j'avais fait à un congrès cet été.

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Comme David m'envoie ses message un ou deux jours après les avoir écrits et que moi je prends aussi un ou deux jours à les afficher, je laisserai dorénavant la date d'écriture au début du message. Ça portera moins à confusion pour les lecteurs.

Cependant, la durée du jour, le lieu dans le titre ainsi que la carte à droite correspondent aux coordonnées du jour. Comme ça vous saurez en tout temps où il est rendu !

vendredi 23 octobre 2009

Jour 15-Viscount Melville Sound-Durée du jour 6h27

J'ai finalement pu deployer mes bouées ! Je suis sorti en hélicoptère avec Ryan et Emilia. On a fait du rase-mottes avec le pinochio pour mesurer l'épaisseur de la glace, et quand on passait au dessus d'un flot particulièrement épais, Michel le pilote se posait le temps que d'installe ma bouée. Il faisait tellement froid et le vent soufflait tellement fort,qu'après la première bouée, mes doigts étaient gelés bord en bord. J'avais enlevé mes mitaines pour pouvoir dévisser le jumper de la bouée (pour la mettre en marche). Mauvaise idée. En cinq minutes, je ne sentais plus mes doigts. Le temps qu'ils dégèlent dans l'hélico, je devais ressortir pour poser la seconde bouée... Pénible. J'ai gardé mes mitaines le plus longtemps possible cette fois ci, et c'était franchement moins pire. N'empêche, le moindre bout de peau laissé exposé est susceptible de geler dans le temps de le dire. Dans ces conditions, on espère qu'il n'y aura pas de bris mécanique. Comme on ne restait que 5 minutes pour installer la bouée, Michel n'arrêtaitpas les pales de l'hélico. Il faut donc bien faire attention pour rester penché, ne pas lever les bras, et rester concentré sur notre position par rapport a celles du rotor de queue. Ryan est aussi descendu pour me donner un coup de main. Je lui en dois une.

Il devait y avoir une rosette en soirée, mais elle est constamment reportée. On avance a pas de tortue. Les glaces ici sont de la glace de première année, mais le vent est tellement fort que déja des hummocks se sont créés. Ces empilades de glace sont difficiles a traverser, et dans la noirceur, on distingue difficilement les passages a travers ceux-ci.

jeudi 22 octobre 2009

Jour 14-Viscount Melville Sound-Durée du jour 6h37

Pas grand chose de neuf aujourd'hui. Au menu du midi, salade de canard et soupe au pois. Au souper, filet de tilapia. J'ai pris deux assiettes, je pense que mon appétit d'hiver vient de se mettre en route. Il faut dire que la température est tombée assez rapidement et drastiquement. Des -1 et -2 de la mer de Beaufort, on est passé aux -10, -15 depuis que l'on est entré dans l'archipel. Le pont du bateau est glissant et les drains gèlent. Le garage de la rosette ne se vide plus de son eau tout seul, et Dieu sait qu'il y a pas mal d'eau qui passe par là. Je dois donc écoper l'eau, remplir un sceau et le balancer par dessus bord...

Nous sommes complètement entouré de glace. Pour mettre la rosette à l'eau, le bateau fait plusieurs tours d'un rayon d'environ 400m puis passe au milieu pour bien casser la glace. Il se positionne ensuite pour que la rosette soit sous le vent, afin d'éviter qu'un flot de glace ne dérive dans le cable de la rosette. Comme il fait passablement froid, on garde la rosette dans le garage le plus longtemps possible. Si ça niaise et qu'elle reste trop longtemps sur le pont, la pompe gèle et on ne peut s'en rendre compte qu'une fois la rosette à l'eau. Il faut alors remonter la rosette, la réchauffer puis recommencer.

Dans l'après-midi, j'ai failli partir en hélico pour déployer mes bouées. J'étais prêt, habillé, mais finalement, la sortie a été remise à demain car la glace (à distance d'hélico) était trop uniforme et ce qui nous intéresse, ce sont les flots multi-années très épais.


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Comme David n'a pas envoyé de photo, je joins une image tirée du site internet de l'Amundsen. Il n'y a pas beaucoup d'information sur la mission en cour, mais un chouette tour virtuel du bateau.

mercredi 21 octobre 2009

Jour 13-Détroit du Prince de Galles-Durée du jour 6h50

Le bateau a bougé pendant la nuit et s'est arrêté depuis un bon bout de temps quand je me lève vers 6h pour voir ce qu'il en est de la rosette prévue pour hier soir. Je me rend à la salle de contrôle et demande par radio si on est en station pour la rosette. Après un silence un peu long, on me répond que non, il n'y aura pas de rosette de sitôt. Parfait, je retourne me coucher.

Au déjeuner, j'apprends que le bateau s'est beaché. La pente de 10 degrés d'hier soir, ce n'était pas le bateau juché sur de la glace, mais sur le fond ! En pompant le fuel vers les réservoirs arrière et en déplaçant du matériel, l'équipage a réussi à déloger le bateau une fois la marée haute. Le bateau sera donc stationné pour la journée, le temps de procéder à toutes les vérifications et inspections nécessaires à la suite de la mission. Évidemment, on ne sait pas grand chose et la machine à rumeur tourne à plein régime.

Dans l'après-midi, je teste mes bouées sur le pont supérieur. Il y a en a deux sur trois qui fonctionnent. Rendu là, il n'y a pas grand chose que je puisse faire, alors je compte bien mettre les trois sur la glace quand même.

Comme c'est dimanche, chaque personne peut acheter une bouteille de vin pour le souper. Bruno en avait acheté une la semaine passée alors c'est mon tour. Au menu, entrée de terrine et d'autruche, kebab de dinde sur riz avec tarte à la tomate, puis pouding au pain pour dessert. Ceci dit, il reste du gâteau forêt noir; on n'est pas trop dans le trouble...

Après souper, science meeting ou le commandant nous fait un topo de la situation: oui le bateau s'est échoué, on l'a sorti de là, les inspections sont faites, il n'y a aucun dégat et on repart ce soir pour continuer la mission.

Après souper, on jase un peu au salon en finissant les bouteilles de vin pendant qu'une autre gang joue au poker. Plus tard, Vincent et Louis sortent une guitare et une harmonica et font un jam dans le salon. Le bateau s'est remis en marche; les bruits et les secousses causées par la glace rendront la nuit pénible, mais c'est toujours mieux que de ne rien faire.

Sur les photos: mes bouées sur le pont supérieur; de gauche à droite Roger, Claude et Patrice.




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Commentaires de l'éditrice:

-Pour ceux qui sont vraiment fan de l'Amundsen, je vous invite à aller visiter le blog de Maeva Gauthier, elle est aussi sur le bateau. Je ne la connais pas, j'ai trouvé son blog par hasard en surfant sur le web.

-Saviez-vous qu'il y une bouée nommée en mon honneur ? Oui,oui, elle s'appelle Germaine inc.. Bon, ok, c'est moi qui ai tété David pour qu'il la baptise ainsi. Coudonc, on a les honneurs qu'on peut !

mardi 20 octobre 2009

Jour 12-Montréal-Durée du jour 10h42

Pendant ce temps à Montréal, vous pensiez qu'on trouvait le temps long.

Mais non, on courrait !







Les adultes courraient aussi, mais on a pas de photos !

N'oubliez pas de lire plus bas les nouvelles de David.

Jour 12-Détroit du Prince de Galle-Durée du jour 7h33

La rosette du matin prévue vers 9h30 a finalement été devancée à 4h, pendant le quart de Dominique. J'ai donc la journée libre jusqu'à 8h, heure à laquelle on devrait rejoindre la prochaine station à la sortie nord du détroit. La journée est magnifique, le lever de soleil époustouflant et pour couronner le tout, on voit une mère ours et son petit courir sur la banquise ! Tout le monde semble être sur les ponts pour prendre des photos du paysage. C'est la première journée de soleil depuis un bon bout de temps et ça semble insuffler la bonne humeur chez tout le monde.


À la timonerie, Ryan discute avec Marc (le commandant), Keith (le chef de mission scientifique) et Michel (le pilote d'hélicoptère) sur les plans de déploiement, l'endroit ou la bouée sera placé, les heures de vol, etc. Ryan semble encore douter du succès de l'opération. Pour ma part, je suis assez optimiste car il fait beau et je vois mal ce qui nous empêcherait de décoller. Vers le milieu de l'avant midi, Michel me donne une brève formation ainsi qu'à quelques autres membres d'équipage sur la sécurité en hélicoptère. J'apprends comment m'attacher correctement, fermer les rotors de l'hélico, envoyer un signal de détresse et sortir le canot de sauvetage. On a droit à quelques anecdotes sur des crashs d'hélicos et l'importance de bien s'attacher. Ça va, je suis bien convaincu !

Au diner, salade de goberge en entrée et côtelettes avec patates pilées et mini carottes. Je saute les côtelettes, car deux repas de viande par jour, ça finit par devenir un peu lourd.

Dans l'après-midi, je continue à donner un coup de main à Ryan et Karrie pour paqueter la bouée dans le cargo de l'hélicoptère. C'est un casse-tête car il y a pas mal de stock à paqueter dans la "valise" de l'hélico. Ceci dit, ça reste beaucoup moins complexe que nos sorties en camping ! À faire entrer donc, la bouée comme telle, consistant en plusieurs longueurs de tuyau de PVC, une boîte avec l'électronique, des supports en métal pour stabiliser les pôles de PVC; quatre sections de tarrière de 8"; quatre sections de tarrière de 2", une tête de moteur pour la tarrière de 8", un carotteur de 4" de diamètre, un portable, des outils, du linge de rechange, des cameras et un lunch. Après quelques essais, on réussit à tout faire entrer. Et bonus, ça me permet de faire un tour dans la salle des machines pour aller chercher du matériel. L'ambiance est on ne peut plus industriel: gris métallique, un machine shop avec des clés anglaises énormes, des racks entiers de vis et boulons de toutes les grosseurs, des moteurs gros comme des minivans, le tout sur un fond de punk/rock allemand !

On part en hélico vers les 15h. Comme le coucher de soleil est prévu pour 17h30, ça nous laisse peu de temps pour tout faire. Bruno me prête des bottes, des culottes et un manteau venant de l'équipement de son labo. Mes bottes d'hiver ont l'air de sandales d'enfant à côté de cex bottes, et le manteau est tellement épais que j'ai juste besoin de le regarder pour rester au chaud. On se dirige vers l'embouchure du détroit puis on vire vers l'ouest. Après environ 40 minutes de vol, on réduit l'altitude pour que le Pinocchio, un appareil installé sur le nez de l'hélicoptère, puisse mesurer l'épaisseur de la glace. On cherche un flot de 2 à 3 mètres d'épaisseur. Michel nous fait zigzaguer en rase-mottes (très, très cool, en passant) jusqu'à ce que Ryan trouve un flot à son goût.

En sortant de l'hélico, on sort le matériel et on se met tout de suite à creuser un trou avec la tarrière de 2". La première étape est de confirmer que l'épaisseur est adéquate. C'est une tarrière manuelle qu'on fait tourner avec un vilebrequin. Les premiers 30 centimètres sont pénibles car la glace est froide et plus fraîche que la glace située plus en profondeur. La fraîcheur de la glace n'est pas due au fait que la neige s'accumule sur le dessus, mais plutôt au fait que le sel est draîné vers le bas. En effet, en se formant, la glace expulse du sel, qui se trouve coincé dans des bulles d'eau salée. À mesure que la température diminue, ces bulles d'eau salées peuvent à leur tour geler partiellement, expulsant encore du sel dans des bulles qui deviennent de plus en plus petites et salées. Éventuellement, par l'effet de la gravité, les inclusions d'eau salée migrent vers le bas, formant un réseau de canaux minuscules dans la glace. La surface d'un flot de quelques années est ainsi suffisamment douce pour être potable.

Après 1h30 de boulot, on termine l'installation de la bouée et on rentre au bateau. Il était temps car le soleil venait juste de se coucher et l'hélicoptère doit être entré au bateau 15 minutes après le coucher du soleil. Je rentre, me change et file tout de suite aux cuisines manger un bol de potage, des crêpes au boeuf, du gateau au pacane et de la croustade aux pommes.

C'est la soirée bar ce soir, mais j'ai une rosette à 20h. Je vide la rosette de son eau, commence à entrer les infos dans les fichiers de log, et me prépare en entrer en action. À 20h, j'appelle à la timonerie pour connaître l'état de la situation. On me dit qu'il y a du retard dans l'horaire. Je fais un peu de ménage et quand je commence sérieusement à m'emmerder, passe jaser avec les gars de la timonerie. Il nous reste environ 8 miles nautiques à naviguer avant de se rendre à la prochaine station. La progression est laborieuse car les glaces sont pas mal épaisses. Vers 21h, le bateau est complètement stoppé par un flot particulièrement costaud. Nico, l'officier de quart, se reprend à quatre reprises (recule, prend un swing et fonce dans la glace) sans réussir à avancer de plus de quelques mètres. Il appelle le commandant qui vient prendre les commandes. Le commandant essaye un peu à droite, puis un peu à gauche avec un tantinet plus de succès, mais il est clair qu'on ne passera pas au travers. Vers 22h, il met donc le cap vers l'ouest pour essayer de contourner le flot en question. Il faudra bien deux heures pour se rendre à la station et je file prendre une douche pour ne pas rater le "last call" du bar.

L'ambiance au bar est chaude et les tournées de shooter se succèdent à un rythme soutenu, ponctuées par les secousses du bateau qui donne dans la glace. Un peu avant 23h, le bateau semble juché, pour ne pas dire jacké, sur un flot et rester complètement pris. Le plancher doit avoir une pente d'environ 10 degrés ! Une fois 23 heures passées, on se met à danser sur du R&B/rap? et Bruno nous fait une immitation assez réussi de rappeur. La pente du plancher augmente le coefficient de difficulté de la danse et on rigole bien. Le commandant met fin au party vers 24h et on passe à la cafétéria pour se rafraichir et manger du dessert. Le bateau est encore bien penché et n'a pas bougé d'un poil. Quand je me couche, je vois des matelots déplacer du matériel sur le pont... clairement, il n'y aura pas de rosette de sitôt.


Sur les photos, les deux ours qui courent dans le soleil levant, jeux d'ombre dans le train d'onde du bateau (oui, oui, c'est de la glace qui ondule), l'île de Banks, le déploiement de la bouée, Ryan et moi qui perçons le trou pour le sonar.