Comme il n'y a rien au programme en matinée, j'en profite pour travailler un peu. On a une rosette vers midi. Comme le fond n'est pas très profond, 225 m, on peut faire la rosette en environ une demi-heure. Lorsque les rosettes ont lieu en eau plus profonde, eg. 550 m, ça peut prendre jusqu'à une heure dépendant du nombre de fois ou l'on doit s'arrêter pour échantilloner de l'eau pendant la remontée. Lors des legs précédents en mer de Beaufort, la rosette est descendue jusqu'à plus de 1000 m ! Dans ces cas, la profondeur est limitée par ce que les instruments peuvent supporter comme pression.
Pendant que je complète mes fiches de rosette, Ryan me demande si j'ai le temps de lui donner un coup de main pour déployer une autre de ses bouées. Hum, attendez un peu... Est-ce que j'ai le goût d'aller faire un tour d'hélico en rase-motte au dessus de la glace ? Bah, tant qu'à y être, pourquoi pas ! Je passe diner (2 x salade de légumineuse + 2 x dessert) et passe enfiler une combinaison communément appelé mustang. C'est un ensemble une-pièce orange, particulièrement chaud et flottant; comme le bas des pattes s'ouvre pour pouvoir être enfiler par dessus les bottes, ça donne un style "pattes d'éléphant" assez spécial.
Le déploiement de la bouée se passe bien, si ce n'est du froid intense qui complique un peu les choses. Entre autres choses, le moteur de la tarrière fait des siennes; mais bon, on ne peut pas s'attendre à ce qu'un moteur deux temps fasse des miracles par -20 celsius. Aussi, quand on perce la glace bord en bord, l'eau monte dans le trou et lorsqu'on ressort la tarrière, gèle les boulons en place...
En revenant vers le navire, on aperçoit le Louis St-Laurent qui a rejoint l'Amundsen. Le Louis ouvre la marche environ 700 m devant l'Amundsen. Michel nous fait faire un tour d'hélico autour du Louis et revient en rase-mottes à toute vitesse vers l'Amundsen. En arrivant à la hauteur du pont d'atterissage, il monte en piqué, fait un demi-tour pendant qu'on est en apesanteur, et revient se poser en douceur. Wow. Ça fait ma journée.
Ce soir, c'est au tour de Maeva de faire une conférence. Elle présente un vidéo qu'elle a monté sur la plongée du mini sous-marin de l'Amundsen. Durant la journée précédente, les caméras du sous-marin ont filmé le fond marin et ont pris une image d'un vers à la forme suggestive dont personne n'arrive à identifier l'espèce. Elle présente également une vidéo de son voyage en Antarctique.
Ce soir, fettucine, roti de porc, patates pilées et courgettes. Je prend deux assiettes de fettucine accompagnées de courgettes. Plus tard en soirée, les matelots rient un bon coup du tour qu'ils ont joué à Vincent. Lorsqu'on travaille pendant les heures de repas, on peut demander aux cuisiniers de nous mettre une assiette dans le frigo. Le frigo se remplit donc d'assiettes identifiées à leur propriétaire par un post-it. Comme Vincent était de quart, le chef d'équipage a demandé au cook de lui réserver une bonne assiette de courgettes, juste des courgettes parce que "Vincent adore ça". Il y a donc dans le frigo un gros bol à salade rempli de courgettes avec une étiquette "Vincent". Évidemment, Vincent a horreur des courgettes...
Le bateau roule à vive allure, aidé par le Louis qui ouvre la marche. On se dirige vers Radstock Bay, où l'Amundsen va "refueler" à partir des réserves du Louis. Apparemment, il n'y a pas de station service dans le coin...
Sur les photos, le déploiment de la bouée, vue de l'Amundsen à partir de l'hélico et le Louis en train de casser de la glace.




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La passe d'hélicoptère, ça s'appèle un ''pedal turn''.
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