lundi 12 octobre 2009

Jour 5-Durée du jour 9h09-Golfe d'Amundsen

Lever à 3h20. Je suis passé voir Dominique au CTD shack. Pas de rosette ce matin parce qu'il y a trop de vagues. Les vents sont de 35 noeuds et ça brasse trop pour récupérer le mouillage et faire les prélèvements de sédiments qui étaient au programme. Retour à la couchette.

Lever à 7h15. Même histoire, encore trop de vagues. Le bateau va se diriger vers la banquise pour retrouver des conditions plus calmes. Apparemment, une des grues avant est en panne et on n'est clairement pas dans des conditions qui permettent de travailler dehors en sécurité.

Déjeuner bacon, oeufs et saucisses avec des toasts. Au science meeting plus tard en matinée, Keith, le responsable de mission, nous présente deux scénarios. Le scénario A, optimiste, où on retourne à la station précédente pour refaire une rosette et un CTD. Si la mer est encore trop grosse, on saute au scénario B, où l'échantillonnage se fera en soirée.

À la fin du meeting, un message à la radio nous annonce qu'un ours a été aperçu à tribord. Je passe à ma cabine pour enfiler des bottes et un manteau. En sortant, je vois les traces de l'ours dans la glace, mais nous sommes déjà trop loin pour que je puisse le voir. Schnout.

On est maintenant entouré de blanc. Le bateau fend la glace comme de la vulgaire slush, laissant dans son sillage des flots retournés. La glace jeune, plus noire, entoure des flots de glace multiannée, blanche sur le dessus et bleue en dessous. Le spectacle est magnifique. Le bateau s'arrête au milieu de ce qui me semble être nulle part. Quelques instants plus tard, on entend un puissant "tuuuuuut". Intrigué, et suspectant qu'il y a quelque chose à voir, je m'habille et sort avec ma caméra. Une équipe est descendue sur la glace pour faire une carotte de glace. Devant le bateau, un ours polaire se dandine. J'ai réussi à prendre quelques photos mais il est un peu trop loin pour que les clichés soient convaincants. Deux ours dans la même journée ! Ça promet.

La glace atténue effectivement les vagues. Les mécanos réussissent à réparer la grue et on quitte le couvert de glace pour retourner vers la station précédente.

Au dîner, de la soupe aux légumes et des restes d'hier: patates et brocolis. Il y a aussi du poulet au miel mais je passe mon tour. Après-midi je retourne faire un tour au gym. La mer grossit et j'ai du mal à rester sur le vélo stationnaire. Pendant que je prends ma douche, l'officier de quart à la radio annonce de bien se tenir car on s'attend à passer dans une zone plus mouvementée... Effectivement, ça commence à brasser et je dois me tenir à une main et me savonner avec l'autre.

Finalement, il n'y aura pas de rosette aujourd'hui. La mer est trop grosse et on ne peut pas mettre le mouillage à l'eau. On retourne à l'abri des vagues dans la banquise. Les seuls qui travaillent sont ceux qui prennent des carottes de glace. À quelques reprises, le brise glace est arrêté par des flots trop épais. Normalement, la vitesse du bateau est suffisante pour le faire grimper sur la glace et la faire casser, mais à l'occasion, les flots sont trop épais pour casser et font simplement dévier le navire de sa course. Il faut alors reculer et recommencer... Je dois dire que c'est dans le très impressionant de voir un bateau se soulever dans les airs, puis de retomber avec des bruits de flots qui cassent. Bruno m'a dit que le bateau consomme 50 litres de diesel à la minute. Je peux le croire.

Au souper, hamburgers et frites. Miam. Je fais ensuite une partie de fléchettes avec Simon et Ahmed. Plus tard, vers 8h, c'est la soirée bar. Le bar n'est ouvert que de 8h à 11h les mardis, jeudis et samedis. On peut acheter cinq consommations. Chaque fois que l'on prend une bière ou un verre de vin, les barmen (des volontaires qui changent à chaque soirée) font une croix à côté de notre nom. J'ai pris une bleue ! et puis plus tard une Kilkenny, et ensuite j'ai essayé de rejouer aux fléchettes... Je dois dire que le mélange de bière, de roulis et de fatigue complique la tâche !



2 commentaires:

  1. Et le mal de mer dans tout ça ? Est-ce qu'on doit conclure que David ne souffre pas du mal de mer ? Ou est-ce qu'il préfère taire ses malaises ?

    En tout cas, dis de même ça donne envie de s'enrôler tout de suite. J'aimerais ça moi aussi voir un ours polaire du haut de mon balcon.

    Lâchez pas, c'est super intéressant de vous lire et de voir vos photos.... ça nous sort de notre routine.

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  2. La réponse dans le prochain message. Le mal de mer vient à qui sait attendre !

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