Ensuite, on a fait deux cast CTD dans la matinée. L'appareil mesure la conductivité (dépendant de la salinité), la température en fonction de la profondeur. Il y a aussi d'autres appareils mesurant le taux de chlorophylle, la transmission de la lumière, le carbone dissous, le ph, la pression, etc. On descend donc le CTD avec un treuil controlé par un matelot. On le descend jusqu'à 10m du fond, puis on le remonte tranquillement. Sur la rosette, il y a 24 bouteilles de Niskin. Chaque bouteille a un bouchon en haut et en bas, reliés par un élastique sous tension. Un filin accroche l'élastique à un déclencheur commandé à distance. De la salle de contrôle, on peut fermer des bouteilles à différentes profondeurs lors de la remontée, selon les besoins des chercheurs à bord.
Pendant l'après-midi, on a eu droit à la visite officielle de sécurité du bateau. L'officier nous montre comment fonctionne les portes étanches, les portes coupe-feux, quoi faire quand quelqu'un tombe à la mer, ou sont les canots de sauvetages, etc. On a aussi essayé les combinaisons d'immersions, qui sont des wet suits étanches. En principe, on doit pouvoir survivre 24 heures dans l'eau avant de mourir d'hypothermie. C'est toujours mieux que les 5 minutes avec une veste de sauvetage. Bref, le mieux c'est de ne pas tomber à l'eau. Comme dirait l'officier, "c'est pas le fun".
Histoire de ne pas trop perdre la forme, je suis allé faire un tour dans la salle d'entraînement. D'une superficie d'environ 2 m carré, elle contient deux vélos et un tapis roulant, ainsi que des poids. J'ai fait un peu des trois. Pas facile de faire du tapis roulant sur un bateau qui tangue...
Plus tard dans l'après-midi, on a eu droit à une pratique d'incendie. L'équipage faisait une simulation, et le travail de l'équipe scientifique était de s'enlever de leur jambes et de faire le pied de grue sur le pont avant, au froid. Première leçon de vie sur un bateau en Arctique: le temps est long quand on est dehors et mal habillé. Certains l'ont appris à leur dépens. Après environ 45 minutes, on a pu rentrer et se réchauffer un peu.
Pour souper, filet d'aiglefin avec patates pilées et brocolis. J'ai repris des patates, elles étaient pas mal bonnes. Ensuite science meeting, ou on apprend que l'horaire du lendemain est le suivant: 3 rosettes à partir de 3h30 (du matin) et une autre à 7h15. La nuit risque d'être pas mal courte, car le vent s'est levé et le bateau tangue pas mal. Dormir dans un lit qui bouge n'est pas encore tout à fait au point. Morale de l'histoire: dort quand tu peux, on ne sait jamais quand sera la prochaine occasion.
Direction, Golfe d'Amundsen.




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Est-il en train d'insinuer que les patates pilées de l'Amundsen sont meilleures que les miennes ?
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Je mets une carte, ça représente à peu près la position de l'Amundsen au moment où j'écris ce message. Si je n'ai pas d'information de la source, j'interprète librement !!!
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