Ça fait maintenant une semaine que le nouvel équipage est sur le bateau et l'ambiance devient plus familière. On commence à entendre des jokes sur la radio et Claude, le chef officier qui officie au déploiement de la rosette, aime bien me taquiner. Disons que si en seulement une semaine on devient aussi familier, ça promet pour les cinq suivantes !
En attendant le dîner, je donne un coup de main à Oliver, un allemand qui étudie au BC. Il s'est fait fabriquer une sorte de catamaran miniature, plein de fils, de boîtes étanches et télécommandé à distance via un ordinateur. L'équipement que transporte le dit catamaran lui permet d'échantillonner les premiers micromètres d'eau à la surface. Il l'a démonté pour le transporter et il était en train de le remonter quand je l'ai rencontré dans le hangar de l'hélicoptère en train de serrer des boulons. En fait, je lui ai proposé de l'aider surtout avoir une bonne excuse pour fouiller dans l'établi du bateau !
Malheureusement pour Oliver, la mise à l'eau de son catamaran est reportée à plus tard. On retourne à la station 405 pour réessayer de trouver un mouillage qui ne répond pas à l'appel. Comme je n'ai pas de rosette pour le restant de la journée, je fais l'exploration de l'étage des labos. Je croise Vincent, un technicien, qui remplace les batteries des déclencheurs. Ce sont des gros cylindres en métal qui sont tout en bas du mouillage et qui contiennent une pince amovible et une sorte de modem acoustique. Quand le déclencheur reçoit un signal bien précis, la pince s'ouvre et relache le lest qui retient le mouillage au fond. Le mouillage se met à flotter et il peut être récupéré du bateau.
Après souper (spare ribs, onion rings et frites, tarte aux pacanes pour dessert) on joue un peu à Rock Band puis quand le bar ouvre, on se met à se payer des bières les uns les autres. C'est quand même plus drôle que de s'en acheter pour soi. On improvise une mini piste de dance et je me mord les doigts de ne pas avoir suivi plus de cours de salsa !
Vers 11h, on lance le Moving Vessel Profiler (MVP), une sorte de CTD au bout d'une winch qu'on laisse trainer derrière le bateau. C'est Dominique qui s'en charge, mais je vais le relayer de 2 à 3h pour lui permettre de se changer les idées. Il faut constamment regarder l'écran de contrôle pour s'assurer que tout fonctionne bien, que le "poisson" ne va pas percuter le fond et que la winch ramène bien le poisson. Le lever du corps va être dur demain.
Sur les photos, Claude, le chef officier, en train de superviser la remontée de la rosette.


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