lundi 19 octobre 2009

Jour 11-Golf d'Amundsen-Durée du jour 8h06

Vendredi le 16 octobre,

Dès que l'on met les pieds sur le bateau, on devient très vite familier avec ce qui est appelé le "All Call"; on compose le 60, on laisse un message, et ce message est diffusé tout de suite après par tous les haut-parleurs du bateau. On entend donc souvent des messages du genre: "Joannie appelle le 415, -- Joannie, appelle le 415." Ma première tentative de All Call était un peu raté; je doute que quiconque ait compris ce que j'ai dit. Pour la deuxième, j'ai pris ma plus belle voix et articulé avec toute l'amplitude permise par ma machoire: "Steve est demandé à la rosette, Steve, tu es demandé à la rosette." Et comme par magie, Steve est apparu avec ses pinces pour reconnecter le cable d'alimentation de la rosette.


Cette rosette est la dernière dans le Golf d'Amundsen, le bateau se dirigera ensuite vers le détroit du Prince de Gales. C'est la première fois que l'Amundsen traverse ce détroit. Comme c'est un endroit fréquenté des bélugas pendant leur période de reproduction et que les Innus viennent y chasser, le passage est rarement emprunté par les vaisseaux commerciaux. C'est mal vu d'y passer, selon le commandant avec qui j'ai piqué une jasette en attendant ma rosette.

Pour diner, roulades de saumon. Notez que 80% des plats sont accompagnées de patates pilées. Dans l'après-midi, je vais donner un coup de main à Anabelle dont les bouteilles d'argon ont le bouchon collé. Ce sont de grosses bouteilles en métal qui ont passé l'été sur le pont et dont le bouchon de protection a rouillé en place et il n'y plus moyen de les dévisser. Roger-des-Îles me suggère de prendre un pipe wrench dans l'établi et de persuader le bouchon de se dévisser par de tendres coup de masses. Le dit pipe-wrench mesure deux pieds de long et doit peser 40 livres... parfait ! Aidé par du bon vieux WD-40, on réussi sans trop de problème à déboucher la première. La deuxième bouteille est d'accès plus difficile et il faut se mettre à trois pour dévisser le fameux bouchon.

Le bateau compte six moteurs diesel pour la propulsion, et deux autres pour les génératrices. Les hélices du bateau sont mues par un moteur électrique, dont l'électricité est généré par les moteurs diesels. En temps normal, le bateau file avec quatre moteurs. En cas de fort courant de face ou de glace, les siz moteurs sont mis en marche. On peut alors faire 14 noeuds. Lorsqu'on se trouve dans les glaces, le bateau bouge et grince. Les secousses et le bruit font penser à un tremblement de terre. L'ennui, c'est que ça peut durer des heures. On finit toutefois par s'habituer, et au moins, la glace ammortie les vagues. En s'approchant du détroit, on aperçoit l'ile de Banks; ça fait du bien de voir autre chose que de l'océan et des nuages gris à perte de vue.

Dans l'après-midi, on se loue un film: The good sheperd. C'est un peu long et finalement, assez ennuyant. Au souper, fettucine et re- tarte aux pacanes. Après souper, science meeting. On discute des plans pour que Ryan sorte en hélicoptère déployer sa bouée. Comme j'ai déjà déployé une bouée similaire au printemps passé, je vais accompagner Ryan et Karrie-Ann sur la glace pour leur donner un coup de main. L'expédition est incertaine car il faut se rendre assez loin pour que l'hélico ait le temps de nous porter et nous ramener avant le coucher du soleil. En plus, c'est la seule et unique chance de Ryan pour la déployer. Si le bateau est ralentit par les glaces ou s'il y a trop de brume, c'est just too bad; après demain, on sera déjà trop loin de la région qui l'intéresse. C'est un dénouement platte quand on a investit deux mois de travail et 26 000$ d'équipement...


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Sur les photos, Oliver, sa femme et assistane Lunis qui vont faire de l'échantillonnage en zodiac. Les vents sont forts, les vagues hautes, et Lunis reviendra avec un sérieux mal de mer. Patrice, Vincent et Philippe, un officier, un marin et un photographe du Figaro respectivement, en ont vu d'autres et reviennent ravis de l'aventure.

Sur l'autre photo, Ryan en train de déconnecter les fils de sa bouée afin de la paqueter dans le cargo de l'hélico.


1 commentaire:

  1. Super intéressant de te lire, et que dire des photos...surtout du monde à bord du zodiac !! Oliver, c'est bien lui, sur la gauche ?
    Tel père, telles filles : Jeanne, Madeleine et Marie ont couru leur kilomètre dans les temps respectifs de 8m12s, 7m23s et 9m23s ! Bravo les filles !!!

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