mercredi 14 octobre 2009

Jour 7-Mer de Beaufort-Durée du jour 8h50

Deux jours pour le prix d'un:

Dimanche le 11 octobre.

Petite journée. Il y a du swell, j'ai le mal de mer et pas grand chose à faire. Les rosettes sont continuellement repoussées en raison du mauvais temps. J'ai profité de l'après-midi pour faire une sieste. Finalement, ce qui a eu raison du mal de mer c'est un gros diner et une scéance de gym.

Le dimanche, c'est le souper du commandant. Le code vestimentaire est un peu plus strict et les plats plus fancy. On a mangé une entrée de saumon fumée, du filet mignon avec patates grecques et asperges. Il y avait un gateau au chocolat pour dessert mais je n'avais plus de place.

J'ai une rosette de prévue pour 21h et 23h. Comme à 21h la récupération du mouillage n'est pas terminée, ce sera plutôt 23h et 1h30. La rosette de 23 heures se passe bien. Ce n'est pas très compliqué mais il ne faut rien oublier. Le plus critique est de ne pas laisser la rosette percuter le fond. On communique donc par radio avec le matelot au treuil pour lui indiquer la distance restante. Rendu au fond, on remonte la rosette en fermant les bouteilles à différentes profondeurs.

Une fois la rosette remontée, les "water junkies" font la file pour aller tirer leurs échantillons d'eau des bouteilles. Chacun a besoin de tant de millilitres à différentes profondeurs. Ils viennent donc avec leur éprouvettes ou leur bidons, et tirent l'eau dont ils ont besoin pour leurs expériences. Ils vont ensuite passer la nuit dans leur labo à analyser différentes caractéristiques de l'eau. Bruno, mon coloc, travaille sur les carbonates, des molécules utilisées par les organismes marins pour bâtir leur coquille. Avec l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère, ces carbonates tendent à se dissoudre, conséquence d'une plus grande concentration d'acide carbonique. Bruno mesure donc des profils de concentration de carbonate dans la colonne d'eau. Pour chaque rosette, il a pour environ 6 heures de travail. Sa journée finira donc vers les 5 heures du matin. La machine à café fait partie des services essentiels du bateau... Vive la science.

Lundi le 12 octobre

J'ai passé le plus clair de ma journée à travailler sur l'ordinateur. Je n'ai fait qu'une rosette. J'ai fait une sieste dans l'après-midi pour récupérer un peu. Après souper (pâté mexicain), il y a un science meeting ou Keith nous a expliqué qu'un des mouillages devra être abandonné. On a perdu trop de temps à cause de vent et on ne peut plus vraiment revenir en arrière. C'est dans les prochains jours qu'on va décider si on prend la branche sud ou nord du passage de nord ouest. A priori, la branche sud semble plus probable, car il y a pas mal de glaces épaisses qui bouchent l'entrée du détroit de M'Clure.

Après souper, c'est l'heure de Rock Band ! J'ai essayé le drum (très l'fun), la basse et la guitare. Je ne me suis pas risqué au chant, c'est encore un peu tôt en début de mission pour ça...

Je me suis couché vers 9h parce qu'il y a une rosette de cédulée à 4h demain matin, et une autre à 6h30.

Sur les photos, il y a un mouillage en train d'être récupéré. On lui envoit un signal et il se décroche du fond. Le bateau s'approche et on récupère les instruments à l'aide d'une grue. Dans la timonerie, tous les officiers regardent par les fenêtres avec leurs jumelles pour trouver l'endroit ou le mouillage a fait surface.

L'autre photo est une coursive (le mot marin pour corridor) à babord.


6 commentaires:

  1. On dirait que le mal de mer c'est comme la nausée de grossesse: faut manger et bouger pour que ça passe.

    Autrement, je crois que ça nous prend des explications pour "mouillette", "rosette" et "water junkies", même si on commence à comprendre à force de lire.

    Merci pour les descriptions de bouffe: 1)je comprends maintenant pourquoi ça vous coûte si cher d'épicerie 2) c'est inspirant pour faire le souper.

    Madeleine (fidèle commentatrice)

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  2. En réponse à tes interrogations, la description de mouillage par David:

    Un mouillage c'est un genre de collier de bouées lestés qui sontcoulées au fond. Il y généralement plusieurs instruments parmouillage: trappe à sédiment, profileur doppler (pour les courants),
    etc. Je ne sais pas trop ce qu'il y a dans le etc. Je vais m'informer.

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  3. Moi aussi, le mal de mer m'a fait pensé à la nausée de grossesse. Douce revanche...

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  4. Tu as bien fait de ne pas te mettre au chant tout de suite, il parait que l'eau est froide et que l'hypothermie vient à bout des chanteurs en moins de 5 minutes. Denise trouve que c'est super intéressant et rigolo votre blogue; elle a laissé tomber SOS Cuisine pour lire vos élucubrations et prendre inspiration pour le prochain souper...
    David, au fait, dis au chef d'y aller mollo avec le poivre.
    Est-ce que le mouillage a un rapport quelconque avec les couches?

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  5. David, est-ce que tu pourrais pas nous photographier encore quelques nounours blancs? Ou alors "l'ordinaire" sur le bateau, ie, la chambre, la cuisine, le gym, la salle de musique...
    Sois assuré que le blogue est apprécié... On boit tes paroles, et celles des Germaine!
    Mars

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  6. Merci pour vos commentaires. David ne peut pas les lire directement car il n'a pas souvent accès à Internet. Cependant, je lui fais parvenir et j'ajouterai sa réponse aux commetnaires s'il y a lieu.

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